At-Night-Fall • Chapitre 18 •

• At-Night-Fall • Chapitre 18 •
___Je clignais plusieurs fois des yeux. Ma vison était encore trouble. Puis, les formes commencèrent à prendre de la netteté à mesures que mes pupilles s'ajustaient à la clarté ambiante. Une étrange sensation pesait sur mon estomac, désagréable, gênante, et ma gorge était sèche.

__Il était penché vers moi. Son visage atrocement parfait à quelques centimètres du mien. J'arrivais sans peine à distinguer chacun de ses longs et sombres cils, les différentes teintes que prennent ses cheveux... Cependant, quelque chose d'autre attira mon attention et je restais perplexe un moment en voyant l'inhabituelle couleur rouge qui nimbait ses iris. Je mis cependant ce détail de côté et m'assis prestement. Je m'attendais attendu à ce que ma tête tourne - comme d'habitude quand je me relevais trop vite -, mais il n'en fut rien. Il m'imita lentement, et continua de me contempler de ses prunelles rubis. Il semblait... prudent. Une foule de question m'envahi soudainement. Comment étais-je ? Belle ? Affreuse ? Ma beauté est-elle absurde au point de lui faire honte ? Etait-il déçu ? Et plus important, m'aimait-il encore ?

A mesure que les interrogations se bousculaient dans ma tête, je voyais ses fins sourcils se froncer et je décelai dans ses yeux la note familière de frustration qu'il avait quand il voulait percer les barrière de mon esprit.

- Bella, vas-tu me dire ce à quoi tu songes ?

- Tu... tu n'arrives pas à lire mes pensées ?

Ma voix me sembla étrange. Je toussotai discrètement.

- Non, répondit-il. Et moi qui espérai pouvoir...

Il se tut, m'observant toujours. Plusieurs minutes passèrent, nous nous examinions toujours avec autant de circonspection. Autant se débarrasser de ses craintes maintenant, je décidai donc de parler la
première :

- Edward ?

- Oui ?

- Est-ce que tu... m'aimes encore ? Demandai-je timidement en me sentant idiote en même temps.

Il me fixa d'un ½il incrédule avant de, brusquement, changer d'expression.

- Isabella Cullen..., commença-t-il, les traits empreints de fureur, comment peux-tu encore penser que je ne t'aime plus ? C'est la chose la plus absurde que je ne t'ais jamais entendu dire.

Je gardai le silence.

- Bien sûr que je t'aime toujours, dit-il ensuite tandis que son visage se radoucissait. (Il se tut, hésita un instant puis continua) Et toi ?

Apparemment il avait eu les mêmes peurs que moi. Je rigolais avant de prendre un air faussement colérique.

- Edward Cullen..., comment peux-tu encore penser que je ne t'aime plus ? C'est la chose la plus absurde que je ne t'ais jamais entendu dire.

__Il rit à son tour avant de brusquement devenir sérieux. Je savais parfaitement ce qu'il allait faire à cet instant. L'inquiétude m'envahit. Peut-être que ce baiser allait changer beaucoup de chose... Les sentiments ne s'expriment pas que par des mots. Il avança vers moi, sans rompre nos regards. J'arrêtais de respirer. Ses mains prirent mon visage en coupe et comme lors de notre premier baiser, il hésita - pas pour vérifier que je ne risquais rien cette fois. Il vit clairement la crainte qui s'était emparé de moi. Le même sentiment enclavait ses magnifiques yeux incarnats. Tout comme moi il éprouvait la peur que ce baiser change radicalement tout..., irrémédiablement. Puis ses lèvres agréablement chaudes et douce se posèrent délicatement sur les miennes.

__C'était... galvanisant. A cet instant un courant électrique parcouru ma colonne vertébrale et me donna une série de frissons. Mon sens tactile, mille fois plus développé qu'avant, me procurer des sensations incomparables avec ce que je ressentais quand j'étais humaine.
Mes bras s'enroulèrent autour de son cou, et je l'attirais encore plus à moi. Pour une fois, il ne me ménagea pas. Il me colla à son torse tandis que sa main agrippais ma nuque avec impatience. Le baiser n'avait rien à voir à ceux que je gardais en souvenirs, il était extrêmement sensuel et passionnel, nos lèvres bougeant à l'unisson en une totale symbiose. Il n'avait plus peur de tenir ses dents à saine distance de mes lèvres ou de ma langue. Je ne risquais plus rien, désormais. Nous nous aimions. Nos sentiments n'avaient pas changés d'un pouce depuis la fin de ma vie humaine. Ils s'étaient peut-être même encore plus amplifiés. Lorsque nous mîmes fin au baiser, ce fût abrupt.

- C'est la première fois que j'embrasse un vampire, dit-il, le souffle court, mais en souriant néanmoins.

- Pas moi, rétorquai-je, dans le même état que lui.

- En tout cas, j'aime ça ! Avoua-t-il en me lançant un sourire ravageur.

- Je te préviens que je veillerais scrupuleusement à ce que je sois la seule vampire que tu embrasseras, ou sinon...

__Il rigola et m'attira dans ses bras en plongeant son nez dans mes cheveux. Sa fragrance était encore plus capiteuse et enivrante qu'avant. Je savais à présent, qu'une fois que je l'avais sentis, je reconnaîtrai son parfum toute ma vie. J'aimais à songer que mon premier contact tactile était ses lèvres, que mon premier contact olfactif était son odeur et que mon premier contact visuel était son visage.

- Alors, comment est mon arôme ? Plaisantai-je en embrassant son cou de neige.

- Beaucoup plus supportable, répondit-il en inspirant profondément. Mais, ce n'est qu'un détail. Tu resteras avec moi pour l'éternité, c'est le plus important.

Je resserrais mon étreinte autour de sa nuque, savourant le fait qu'il pouvait être enfin prisonnier de mes bras.

- Tu penses pouvoir rentrer ? Demanda-t-il.

- Je crois, oui. Mais à allure humaine, je ne me sens pas encore prête à courir.

Il s'esclaffa en m'aidant à se relever. En prenant sa main, je vis que la couleur de ma peau était la même que la sienne - se confondaient. J'étais un vampire, enfin. Je fis un grand sourire. Il le remarqua et sourit à son tour.

- Si ça peut te rassurer aussi : tu es très belle, dit-il. (Sa voix ressembla à du miel onctueux.)

Aurais-je été humaine, je serais devenue aussi rouge qu'une pivoine. A la place, mon teint prit une couleur plus rosée, quasiment imperceptible.

- Merci, murmurai-je.

__Mes pas étaient silencieux sur le sol, moi qui d'habitude faisais un boucan d'enfer en marchant. Maintenant, mon esprit identifiait instinctivement toutes les odeurs qui m'atteignaient sans que cela me gêne. Je distinguais aussi chaque détail qui m'entourait. Le relief d'une branche, les rainures d'une feuille, l'insecte qui courait sur l'écorce d'un arbre. Un oiseau chanta quelques mètres plus loin. Le son me parvenait aussi net que si le volatile avait été à côté de moi.

- Mes yeux sont rouges, n'est-ce pas ? Demandai-je, en rompant le silence paisible entre nous.

Il acquiesça.

- Comme les tiens, murmurai-je.

- Nous y remédierons quand nous irons chasser.

- Ce soir ?

- Oui, si tu veux. Tu as soif ?

- Je... je crois. Ma gorge est sèche comme si je voulais boire de l'eau, mais c'est plutôt tenable.

- Tenable tant que tu n'a pas croisé d'humain..., dit-il, doucement.

J'avais oublié ce détail. En attendant, je me mis à marcher plus vite, espérant qu'il n'y est aucun homme qui est le malheur d'être dans les parages. Soudain, une foule d'arômes chatouilla mes narines. Des parfums qui me disaient vaguement quelque chose. Je cherchai un nom à mettre dessus quand brusquement, je trouvai :

- Les Cullen sont ici ?! M'écriai-je.

- Ils sont arrivés hier soir. Enfin, je n'ai vu que Carlisle, mais je suppose que les autres sont avec lui.

- Il est passé ?

- Oui, pour voir si ça se déroulait comme prévu.

Quand nous arrivâmes devant la porte, j'aplatis mes cheveux, nerveuse. J'identifiais sans peine, désormais, le parfum unique de chaque membre de la famille Cullen. Edward tourna la poignée après m'avoir regardé intensément.

- Tu es magnifique, ne t'inquiète pas. Attend-toi juste à être détaillée avec acuité.

__Alice – plus vive que son frère – ouvrit la porte, m'attira dans la maison et m'examina sous toutes les coutures avec ces prunelles d'obsidienne. Derrière elle, le reste de la famille m'observait également, et je me sentis gênée. Le lutin lança un « wahou » cinglant qui résonna dans toute la maison. Esmé me prit dans maternellement dans ces bras. Emmett me lança une grande tape dans le dos qui me fit partir en avant. Jasper – qui pouvait enfin m'approcher – m'étreignit. Carlisle posa sa main sur mon épaule, visiblement heureux.
__Timidement, je regardais Rosalie qui était la seule à ne pas s'être approché. Les coins de sa bouche étaient tirés vers le bas, et ses yeux m'évaluèrent avec une animosité sans pareil. Je vis du coin de l'½il qu'Edward s'était tendu - sa main enlaçant ma taille me mettant derrière lui. La blonde sculpturale me jeta un dernier coup d'½il avant de tourner les talons et de partir dans la forêt. Emmett me lança un regard désolé avant de se lancer à sa poursuite.

Je fus peinée de sa réaction, même si celle-ci ne m'avait pas surpris. Je m'étais attendue à ce qu'elle réagisse cette même façon... Alice claqua dans ses mains, rompant le lourd silence.

- Viens te changer Bella ! Mettre une tenue est un peu moins... morbide.

La brettelle de ma robe était, en effet, tachée de sang, et une croûte rougeâtre s'étendait sur mon épaule droite. (Comme c'était du sang coagulé, donc mort, je n'en ressentait pas les effets sur moi.).

- Ne t'inquiète pas pour Rose, laisse lui le temps de si faire... murmura Alice en voyant mon air chagriné.

Elle me tendit un jean et un tee-shirt et me poussa dans la salle de bain.

__Une fois à l'intérieur – porte fermée à clef. Je restais interdite quelques instants. L'odeur d'Edward était partout dans la pièce, normal. Cependant, un autre fumet attirait mon attention, et je compris que c'étais mon parfum « humain ». L'effluve était exquis, doux et sucré et je comprenais parfaitement Edward lorsqu'il avait voulu me tuer après m'avoir sentit. J'avais la preuve que je ne résisterais pas si un humain passait à côté de moi... Je me déshabillais vite fait et me tourna très lentement vers le miroir. L'image que celui renvoya me figea sur place.
__Ce que je vis en premier - et me choqua le plus -, c'était mes iris cramoisis. Tellement pourpres que s'en était presque dérangeant et impossible à ignorer. Une expression de réelle dangerosité et de férocité s'étalait sur mon visage. J'avais l'impression que rien ne pouvait échapper à mes yeux scrutateurs, qu'ils examinaient la moindre chose avec une acuité sans pareille. Mes cheveux étaient plus disciplinés et nettement plus soyeux et des cernes violets bordaient mes yeux. Ma bouche avait nettement perdu de sa couleur, de même que mes joues. Je retroussais mes lèvres sur mes dents extra blanche et bien alignées, et mon expression parut encore plus menaçante. Puis, mon regard glissa le long de mon corps. Mes membres étaient clairement raffermis et blanchis. Il n'y avait pas eut de changements flagrants, je n'étais pas plus grande mais ma silhouette était juste plus élancée. J'étais belle et définitivement moins banale. Je me souris timidement. L'expression de bestialité sur ma figure s'atténua un peu....

__Je me douchais rapidement, sécha mes cheveux et m'habilla. Mes mouvements avaient la même lenteur que si j'avais été encore humaine, mais je me sentais pas encore tout à fait prête à tout faire à la vitesse de la lumière. Je sortis de la salle de bain et descendit dans le salon.

- Tu es tellement jolie, Bella, s'écria Alice dès que j'entrais dans la pièce. Enfin, c'est pas que tu étais moche avant... bref tu me comprends...

- Oui, merci, rigolai-je.

- Comment te sens-tu, s'enquit Carlisle. Tu n'as plus mal ?

- Non, j'ai juste... soif.

- Veux-tu allé chasser ? Me demanda Esmé en caressant mes cheveux.

- Je l'accompagne, dit mon amoureux tandis que j'opinais de la tête.

- Si ça se trouve, Bella va commettre un meurtre d'ici dix minutes, s'esclaffa Jasper.

Ma gorge se noua, et je regardais Alice qui s'était figée sur le fauteuil, sourcils froncés sous la concentration.

- Non, dit-elle doucement au bout de quelques secondes en réouvrant les yeux.

Une vague de soulagement me submergea – pas à cause de Jasper – et tous les Cullen se levèrent. Emmett arriva, les cheveux ébouriffés, il secoua la tête en rencontrant mon regard.

- Nous chasserons aussi, nous ne serons pas loin de vous. Je pense aussi qu'Emmett devrait resté proche de Bella et Edward au cas où, décréta Carlisle.

Nous hochâmes la tête et sortirent dehors. Les Cullen partirent devant. Un sentiment de courage s'empara de moi. Je remerciai Jasper d'un coup de tête, lequel me sourit avant de rejoindre les autres.

- Bien, fit Emmett en se frottant les mains. Allons voir comment notre vampirette va s'en tirer. J'ai entendu dire qu'il y avait des ours dans le coin.

- Rassures-toi, me dit Edward en voyant la tête que je tirais, nous te choisirons une proie plus facile pour commencer.

Nous traversâmes la forêt en quête de ma future victime. J'entendis dans la forêt, les grognements des Cullen, qui chassaient pas très loin de nous. Soudain Emmett s'arrêta, les narines dilatées. Avec un temps de retard, je sentis le fumet aussi. L'odeur du sang avait quelque chose de sauvage et de lourd. Comme si sa consistance était plus épaisse, moins fluide.

- Tu peux y aller Emmett, dit Edward. Alice a dit qu'elle ne risquait rien, et je resterais avec elle.

- Appelez-moi au moindre problème, dit l'homme ours avant de nous quitter.

- Ah ! Voilà ta proie, Bella, signala mon amoureux.

A quelques mètres de nous, broutait un... petit lapin qui ne semblait pas nous avoir remarqué.

- Tu rigoles ?

- Considère cela comme un petit échauffement, s'esclaffa-t-il doucement.

- Très bien ! Je sens que je vais avoir l'air ridicule. Au fait, dis-je en m'arrêtant et en me tournant vers lui. Pas un mot aux autres !

Il hocha la tête avec un sourire moqueur. Je m'approchais silencieusement du lapin (non mais je vous
jure !) me faisait l'effet d'une débile profonde. L'odeur du petit mammifère me frappa soudain. Un parfum léger mais guère appétissant. D'un bond, je me jetais sur lui, et l'attrapa entre mes mains. La pauvre petite bête tremblait de tous ses membres et ses yeux globuleux me regardaient sans ciller. J'arrivais même à entendre son c½ur qui battait très vite. Je baissais la tête, et arrêta mes dents à quelques centimètres de son épaisse toison.

- Non ! J'y arriverais pas ! M'écriai-je en le reposant par terre.

Il détala sans demander son reste.

- Bella ?

Edward s'approcha, inquiet de ma réaction.

- Je ne peux pas tuer ! C'est au dessus de mes forces !

- Tu es obligée, Bella.

- Je sais !

- Tu es vraiment bizarre. Tu es bien le premier vampire végétarien à refuser de tuer un animal.

- Qu'est-ce que je fais alors ?

- Attend-moi.

Il partit dans les fourrées et me ramena un autre lapin qui était visiblement mort.

- Je lui ai cassé le cou, expliqua-t-il, simplement.

Je pris le lièvre entre mes doigts - son corps était encore chaud - et porta sa peau à ma bouche. J'hésitais, plissais le nez, puis le mordit précautionneusement au niveau de la gorge. Le sang envahi ma bouche. A mon grand étonnement, je ne fus pas dégoûtée comme je m'y serais attendu étant mortelle. Le liquide vital du mammifère était très fluide, et son goût un peu dénaturé. Je vis alors que j'avais vidé ma victime en quelques instants.

- C'était bon ? Demanda Edward, tandis que mes lèvres s'arrachèrent du gosier de l'animal.

- Bof...

- Allons chercher autre chose, alors.

Il parut hésiter, me regardant soudain intensément. Puis sa main maintint mon menton fermement. Il se pencha brièvement et ses lèvres récupérèrent les quelques perles de sang qui s'étaient attardées sur mes lèvres. Lorsqu'il recula, ses prunelles rouges m'incendièrent, et je dû me détourner pour reprendre mes esprits. Même si j'avais changé de corps, il continuait à me faire le même effet, à m'éblouir... Je posais délicatement le lapin exsangue au pied d'un arbre et suivit Edward qui avançait tranquillement dans la sombre forêt.

- N'oublie pas de chasser aussi, lui fis remarquer.

- Chaque chose en son temps, toi d'abord, donc.

Il me lança un sourire dévastateur. Je le remarquai à peine car une autre odeur avait attiré mon attention. Elle était nettement plus puissante que celle du lapin – c'était du gros gibier vraisemblablement. Ma gorge s'assécha, un liquide chaud empli ma bouche comme une abondante sialorrhée. Seulement, ce n'était pas de la salive, mais plutôt du venin...
__Je me rendis soudain compte que j'étais partie à la recherche de l'animal en courant. Je voyais mes pieds se posaient sur le sol sans bruit. Mon souffle était régulier et je ne donnait pas l'impression d'une quelconque fatigue. Et mieux encore, je ne m'étalais pas par terre à cause d'une branche ou d'une racine. Edward me suivit, quelques mètres derrière.
__Devant moi pâturait un orignal. La bête ne m'entendit pas - j'étais bien trop rapide et silencieuse - et je m'écrasais sur elle, plantant directement mes dents dans son cou palpitant. Mes doigts agrippèrent fermement le pelage de l'animal qui émit une sorte de glapissement et tenta de se débattre. Avec une étrange satisfaction, je vis que j'avais la force de le retenir, qu'il était prisonnier de mon étreinte. Mes bras enserrèrent le corps de la bête tels les anneaux d'un python. Le sang coulait dans mon estomac, et comblait peu à peu ma soif.
__Je relâchai ma victime dont le corps était froid, désormais. J'essuyais rapidement mon menton. Edward me scruta un instant avant de sourire.

- Voilà qui est mieux, sourit-il. L'or te va beaucoup mieux que le grenat.

- Il faudrait y remédier pour toi aussi, suggérai-je.

- Très bien, dit-il au bout d'un moment.

Il prit vivement ma main, et détala alors, un immense sourire aux lèvres. Il semblait vraiment heureux. Il était vampire, j'étais vampire... et il m'aurait pour l'éternité...

_____

Désolée pour cette longue attente !
J'ai étais obligée de reporté ce chapitre à cause des cours !
Ma rentrée, c'est bien passée, je suis déjà pressée d'être aux vacances d'été xD.
Et vous, comment c'est passé votre rentrée ?
Dans ce chapitre, j'ai tenu à montrer que Bella reste "ordinaire", même en vampire.
Bien sûr elle est belle (comme tout les vampires), mais elle n'égale pas Rosalie.
Attention, je ne parle pas du point de vue d'Edward =DDD !
Merci pour tous vos commentaires, et désolée pour les éventuelles fautes !
Je tiens à vous prévenir que la publication des chapitres sera plus espacée désormais.
Merci !

# Postato sabato 06 settembre 2008 11:59

At-Night-Fall • Chapitre 19 •

• At-Night-Fall • Chapitre 19 •
___Emmett jouait littéralement avec la nourriture. Face à face avec un ours de taille non négligeable, il s'amusait visiblement comme un gamin qui possédait un nouveau jouet. Edward et moi étions assis sur un rocher assistant à la scène. Mon amoureux – connaissant déjà ce spectacle – observait mes expressions, rigolant quand parfois je poussai un cri d'horreur lorsque l'ours tentait d'abattre sa patte contre le torse de mon frère. Heureusement pour lui, un coup avait juste déchiré son tee-shirt (cadeau de Rosalie, au passage) et les griffes de la bête avaient grincées contre sa peau dure et froide.
__L'ours rugit soudain, Emmett répondit également par un même grognement. Finalement, il se jeta sur le grizzly, l'envoyant blackbouler dans le décor. Quelques minutes plus tard, il réapparut, le torse couvert de sang, s'essuyant le menton avec le revers de sa main.

- J'adore les ours d'ici, ils sont irritables à souhait ! S'exclama-t-il, un large sourire sur le lèvres.

__Le jour commençait à décliné lorsque nous rentrâmes – je ne m'étais pas rendu compte que les heures avaient défilées si vite. Les yeux d'Edward avaient retrouvés leur couleur mordorée même si un petit cercle almandin subsistait encore. (Il me fit savoir que les miens étaient pareils.) Je montais dans la chambre en sa compagnie – les Cullen avaient compris notre besoin d'intimité – et m'installa sur le lit. Edward me rejoignit, m'enlaçant contre son torse. Maintenant, il n'avait plus peur de me faire de mal et était beaucoup moins prudent quand il m'embrassait, à mon plus grand bonheur.

- Tu as une expression très bestiale quand tu chasses, Bella, me fit-il soudain remarquer en brisant le silence. C'était une constatation, pas une accusation, ni même un reproche.

- Je t'ai fais peur ? Demandai-je avec un sourire sarcastique.

- Toi, m'effrayer ? Ce n'est pas une petite créature comme toi qui m'affolera.

- Ah oui ? Dis-je, légèrement vexée, pourtant je suis plus forte que toi à l'heure qu'il est.

Je quittais ses bras, et me mit face à lui pour le jauger.

- Certes, mais je sais me défendre, riposta-t-il, moqueur.

- Vraiment ? Fis-je, avec un sourire malicieux.

__Je sautais sur mes pieds. Une moue joueuse naquit sur le coin de ma bouche tandis que je plantai mes prunelles dans les siennes. Son sourire railleur ne quittait pas ses lèvres et je voulais plus que tout qu'il disparaisse pour montrer que j'avais raison. Je le fixais encore quelques instants, avant de, brusquement, me jeter sur lui. Je fus rapide, mais pas assez pour l'empêcher de s'échapper. Je m'étalais tête la première sur le lit tandis qu'il ricanait, debout, près de la porte. Je me relevais en pestant. Il recula lorsque je tentais d'approcher, tourna quand je faisais de même, laissant toujours la même distance entre nous. Une concentration infaillible...
__D'instinct, je m'accroupis sur le sol, le fixant encore et toujours. Edward, nullement impressionné se contenta de me toiser. J'étais contente qu'il ne puisse lire dans mes pensées, ce qui l'empêchait de connaître mes plans. Je bondis, il m'évita aisément, se plaçant près du lit. Il souriait, toujours aussi moqueur. Je me concentrais sur mes muscles tendus. J'étais un prédateur. Il fallait que j'agisse comme une lionne le ferait. Se replier, et attendre le moment opportun. Celui où la proie était enfin accessible. Edward pivota d'un pas. Je saisi ma chance et me jetais sur lui. Cette fois, je réussis à l'atteindre – à moins qu'il ne l'avait fait exprès – et nous nous écrasâmes sur la couche qui émit un grincement inquiétant. Ma bouche trouva d'elle-même son cou, et j'appuyais mes lèvres contre sa peau douce et tiède. Sa gorge exhalée un tel parfum que chaque particules de l'air qui l'entourait était saturées par son odeur délicieuse.

- Gagné !

Je continuais mes caresses le long de sa mâchoire et déposa un baiser au creux de son oreille. Il frissonna.

- Alors , tu ne me crois pas effrayante ? Susurrai-je, en mordillant son lobe.

__Avant qu'il ne puisse répliquer, ma main attrapa ses deux poignets et les mit au-dessus de sa tête, tandis que l'autre descendait le long de son torse, puis passait sous son tee-shirt, caressant ses abdos merveilleusement dessinés. Edward respirait bruyamment, ayant apparemment oublié la phrase qu'il voulait me lancer. J'eus un sourire vainqueur. Les rôles étaient enfin inversés !

- Pas effrayante, haleta-t-il. Tu es dangereuse...

__Il tourna le visage, quand je continuais mes cajoleries contre sa mâchoire, quémandant un baiser. J'appuyais mes lèvres au coin de sa bouche, il grogna pour montrer ses protestations. Enfin, je l'embrassais, et il se dégagea de l'étreinte de ma main pour m'attirer à lui.

- Tu es la créature la plus dangereuse qui soit, murmura-t-il, le souffle court.

Il inversa nos positions, son corps tiède s'appuyant sans crainte sur le mien. La pulpe de ses doigts coururent le long de mon dos me procurant d'agréables frissons.

- Edward, anhélai-je.

- Oui ? Susurra-t-il.

- Nous ne sommes pas seuls.

- Je le sais bien. Mais il ne m'est pas interdit de prouver à quel point j'aime ma femme.

__Sa bouche trouva la mienne, ce qui m'empêcha de rétorquer. J'entendis un moteur de voiture, c'était peut-être Rosalie qui rentré... Cependant, j'étais trop occupée avec Edward pour y prêter réellement de l'attention. C'est pourquoi, je fronçais les sourcils quand il me relâcha brusquement, les traits incrédules, écoutant sûrement les pensées de sa famille en bas. La seconde d'après, il prit mes joues entre ses paumes, plongeant un regard inquiet dans le mien.

- Bella, retiens ta respiration.

- Quoi ?

- Fais ce que je te dis.

__J'obéis. Ne plus pouvoir respirer était désagréable. J'avais l'impression que je n'allais pas tarder à manquer d'air, comme si j'étais encore humaine. J'entendis distinctement que quelqu'un frappait à la porte, et un des Cullen alla ouvrir.

- Alex, dit Alice.

__Bien que sa voix soit posée, j'y décernais de l'irritation. Il était facile de deviner qu'elle n'avait pas eu de vision sur son arrivée, ce qui était relativement étrange et inquiétant. Un vampire nouveau-né, et un humain dans la même maison... Je comprenais soudain, l'ordre d'Edward.

- Que veux-tu ? Continua-t-elle sur le même ton flegmatique.

- Parler à Bella.

- Elle est occupée, objecta-t-elle avec raideur.

- A quoi ? Retenir sa respiration ?

Mon visage se décomposa. Comment a-t-il pu savoir ?

- Je sais ce que vous êtes, poursuivit-il, tandis qu'Alice restait tout aussi muette de surprise, je suis un envoyé des Volturi.

Mon ventre se tordit violemment et mes poings se serrent. Edward émit un grognement sourd.

- Ca ne sert plus à rien de nous cacher. Descendons voir ce qu'il veut.

__Il me lança un regard appuyé avant d'ouvrir la porte. Alex était dans le salon, le visage impénétrable. Je percevais les battements calmes de son c½ur, un son qui résonnait en moi comme une ode ensorceleuse. Le fin réseau de veines se répartissait tout le long de son cou dénudé, remontait le long de sa gorge. Son sang pulsait à intervalles réguliers à l'endroit de sa jugulaire. Fascinant. Appétissant. Edward, avec une décontraction feinte, se mit devant moi. Autant pour me protéger que pour m'empêcher de commettre un meurtre.

- Aro est ravi que ta transformation ait enfin eut lieu.

Hum ! Les nouvelles vont vite.

- Comment as-tu su ? Demanda Edward.

- Cela fait deux jours que Bella n'est pas venue en cours, ni toi d'ailleurs... Les spéculations sont allées de bon train à Volterra après que j'ai eu à rapporter ça.

- Annonce ton message, et va-t-en, cingla mon amoureux.

- Mon maître m'a chargé de vous dire qu'il aimerait beaucoup que vous veniez faire un petit tour en Italie. Quand Bella sera plus contrôlable, du moins. Il meurt d'impatience de vous revoir.

Il me lança un regard mauvais. Tellement contradictoire avec l'attitude qu'il avait à l'université...

- Il aimerait savoir aussi si Bella a un don particulier...

- Cela fait même pas un jour que Bella s'est éveillée, il est un peu tôt pour les dons...

__Mue par un stupide réflexe humain, j'inspirai brusquement de l'air, comme si je venais de passer plusieurs minutes sous l'eau - à la limite de l'asphyxie. Ce fut à ce moment que toute ma raison s'évanouie. Les Volturi, les Cullen s'envolèrent dans les limbes de l'oubli. Cet homme était juste une proie à l'odeur succulente. L'odeur d'un sang que je voulais goûter. D'un bond, je plongeais désespérément sur l'humain. Il n'était qu'à quelques mètres, je pouvais l'atteindre en à peine une seconde. Il ne souffrirais pas. Ce serait rapide.

- Non ! S'écria Edward en se jetant sur moi.

__Il me frappa durement sur le côté - me détournant de ma trajectoire. Je percutais un canapé sous le choc, qui alla valdinguer dans le décor et se briser contre le mur. Je n'eus pas le temps de me relever, que je fus brutalement clouée au sol par une masse imposante – Emmett. Lequel s'empressa de s'asseoir à califourchon sur moi et d'emprisonner mes mains dans mon dos. Un rugissement sinistre sortit des tréfonds de ma gorge. Alice plaqua sa main contre ma nuque, collant mon front contre le plancher pour m'empêcher de mordre qui que se soit. Blanc comme un linge, Edward s'accroupit face à moi. Je perçus les mouvements d'Esmé et Carlisle qui s'avançait vers Alex pour le protéger.

- Si c'est tout ce que vous aviez à dire, je vous prierez de vous en aller, dit le jeune médecin, d'une voix tendue.

- On se reverra bientôt, Bella... à Volterra, dit calmement Alex, nullement traumatisé par l'accident.

__
La porte claqua derrière lui en même temps que mes dents. Le moteur de sa voiture rugit, et il partit. Maintenant, seuls nos halètements retentissaient dans le salon. La rage de mon corps commençait à se dissiper. Mon esprit retrouva peu à peu ses fonctions, et un réel sentiment de répulsion m'envahi soudain. Et encore, je ne l'avais pas tué... Emmett se détacha lentement de moi, de même que pour Alice, et je m'assis prudemment, tête basse.

- Désolée, chuchotai-je si bas qu'un humain ne m'aurait pas entendu.

Je n'osais et ne voulait croiser le regard d'aucun des Cullen.

- Ce n'est pas de ta faute, mon amour, tenta de m'apaiser Edward en voulant me prendre dans ses bras. Ta réaction est tout à fait normal. N'importe lequel nouveau-né aurait réagis pareil.

__Je le repoussais et disparu rapidement à l'étage. Je fonçais dans la douche, ouvris en grand le jet, l'eau était glaciale. (Je ressentais les changements de température, mais ils n'avait pas d'effet sur moi). J'espérais que le liquide froid - mais pourtant brûlant -, refroidisse mon esprit, mon corps, et chasse l'odeur, et même le goût que je sentais encore sur ma langue. J'avais envie de pleurer, mais seuls de gros sanglots sortaient de ma gorge. Aucune larme pour évacuer mon chagrin. Je compris un des inconvénients de ce nouveau corps... Edward frappa doucement à la porte, puis entra dans la salle de bain, ses yeux rempli d'une douce compassion qui ne firent qu'augmenter ma répugnance envers moi-même. Pourquoi tout le monde était si gentil avec moi ? Après un tel comportement, on aurait du m'insulter – il aurait du m'insulter pour avoir ignoré son ordre.

- Tu regrettes ? Demanda-t-il.

La surprise me fit ouvrit mes yeux, mouillés par l'eau. Autant j'étais dégoûtée par mon acte, mais jamais je n'aurais regretté d'être devenu comme lui.

- Non, murmurai-je, finalement.

Il parut soulagé. Il entra délibérément dans la douche, et éteignit le jet.

- Tu vas prendre froid, dit-il.

- Comme si je pouvais tomber malade, désormais..., répliquais-je, avec un petit sourire.

__Son odeur était encore pus envoûtante sous l'eau et je me mis à embrasser son cou. Mes vêtements mouillaient les siens, mais il semblait n'en avoir cure, comme moi. Il était là, comme il l'avait promis, il m'avait empêché de commettre un meurtre, et je l'en remerciais du plus profond de mon être. Son visage s'abaissa vers le mien et il me regarda le plus tendrement du monde.

- Ça va mieux ?

__Je hochais la tête. Il attrapa une serviette épaisse et m'enveloppa dedans, frottant mon dos et mes bras pour me sécher. Il était tellement altruiste et compatissant ! Même en vampire, je ne méritais toujours pas de l'aimer et d'être avec lui, ou alors il me faudrait beaucoup d'expérience pour que je pense lui arriver à la cheville. J'ouvris les pans de mon drap de bain, et l'attira à moi pour le couvrir également.

- Je t'aime, chuchotai-je, merci.

Il m'enlaça d'autant plus fort, pour réponse, et m'emmena sur le lit. Nous restâmes serrer l'un contre l'autre toute la nuit.

- Comment Alex a réussi à t'empêcher de lire de ses pensées pendant tout ce temps ? Interrogeai-je Edward. Il y avait bien un moment où sa mission lui préoccupait l'esprit...

- Ah... Il pensait tout bonnement à toi. Il ne faisait que ça quand j'étais dans les parages. Bon moyen pour m'empêcher de connaître ses vraies motivations... Les Volturi ont soigneusement choisi leur missionnaire.

- Tu n'es pas inquiet qu'ils savent où nous habitons ?

- Ils nous laisserons tranquille tant que dura les années où tu apprendra à te contrôler. Et puis, nous pouvons toujours trouver un moyen de les éviter pour retarder le jour de la visite. Cependant, si il y a bien une chose qui m'inquiète, c'est que de plus en plus de monde arrivent à tromper Alice, ajouta-t-il, le visage grave.

__Au matin, les Cullen firent comme s'il n'y avait jamais eu « d'accident » et balayèrent d'un geste de la main mes remerciements. Edward m'avait demandé de le pardonner pour m'avoir « frapper », mais je l'avais rassuré en lui disant que je n'avais pas eu mal, et qu'il ne devait pas avoir peur d'utiliser les « grands moyens » pour me contrôler. En entrant dans le salon, je remarquais que Rosalie n'était toujours pas revenue, bien qu'Emmett est tenté plusieurs fois de la faire changer d'avis. Avec un soupir, je m'assis sur un large fauteuil – qui remplacé le canapé inutilisable -, entraînant Edward avec moi. Mes narines frémirent imperceptiblement. L'odeur encore présente d'Alex dans le hall. Ma bouche s'assécha.
__Depuis hier, une sauvagerie effrayante avait naquit en moi. Le désir de goûter au sang humain était tel que mes yeux brillaient d'un éclat dérangeant. L'or qui auréolait mes iris n'atténué en rien ce feu violent, indompté, irrationnel qui me dévorait de toutes parts. Bien sûr je cachais soigneusement ce sentiment ardent qui battait ma tête et mes prunelles. Même si parfois, j'avais l'impression qu'Edward n'étais pas du tout dupe.

- Bella, nous sommes tous passés par là. J'ai connu la même soif qui t'emprisonne à cet instant. Je sais à quel degré ce besoin frénétique se fait ressentir. Ne te sens pas coupable, mon amour. Et c'est parce que j'ai vécu la même chose que toi que je t'aiderais à combattre, murmura-t-il à mon oreille.

__Alice arriva en sautillant gracieusement (même en vampire, je n'atteignait pas son charme). Son visage était ouvert et amical, mais l'irritation d'avoir été encore une fois trompée faisait apparaître un léger pli entre ses yeux. Elle planta un catalogue juste devant nous, en pointant du doigt une superbe maison ancienne.

- Esmé a acheté celle-ci, dit-elle.

- Vous comptez vous installer à Juneau ? Demandai-je, étonnée.

- Bien sûr ! Maintenant que tu es des nôtres, pas question de te laisser seule, même avec Edward à tes côtés.

- Et Forks ?

- Carlisle ne te l'as pas dit ? Il a démissionné.

__Je me figeai sur le fauteuil, les yeux dans le vide. Charlie était définitivement seul, désormais. Alice se serait plus là pour le voir. Forks reprendrait peu à peu ses habitudes de ville tranquille. Seul les souvenirs, et les photos marquaient notre passage dans cette minuscule bourgade. Mais, les souvenirs se détériorent, les photos se perdent, s'effritent, s'effacent. Il y aura un temps où l'on se demandera si en fait, les Cullen et la petite fille du Chef Swan n'était qu'un rêve, un mirage. Les Quileutes se garderont bien de nous mentionner, et ferons comme si nous n'avions jamais existé. Oui, être vampire exigeait des sacrifices. Dans plusieurs années, j'allais être oubliée, quasiment rien ne rappelait mon existence. Pour la deuxième fois de ma vie d'immortelle, je comprenais un autre inconvénient de cette vie. Ne devenir qu'un souvenir, accepter cette condition, la douleur qu'elle engendre. Vivre avec... pour l'éternité.

_____

Voilà, le chapitre est enfin posté !
Je suis désolée pour la longue attente.
Je me sens larguée et bonne à rien, en ce moment ='(
Prochain chapitre : Rosalie et ... Jacob ! (enfin, peut-être...)
Merci pour votre soutiens, et vos com's =D

# Postato mercoledì 17 settembre 2008 10:13

At-Night-Fall • Chapitre 20 •

• At-Night-Fall • Chapitre 20 •
___Forks. Bien que j'y ai vécu plus de seize ans, cette petite ville de l'Etat du Washington ne m'avait pas manqué. Trop de souvenirs. De désillusions. D'espoirs brisés. Trop de sangsues aussi. Pourtant, j'étais obligé d'y revenir. Sam et Billy m'avait rejoint au Colorado, à la suite d'un malheureux et bête accident : j'avais été découvert près de la ville de Denver, quasiment à poil, rongé par la faim, le corps visage couvert de saletés et les yeux dévorés par la colère encore présente en moi - dans mon c½ur. Face à un pareil spectacle, les autorités s'étaient emballées, et n'avait pas tardées à découvrir les avis de recherche que le Chef Swan avait lancé à travers les Etats. J'étais maintenant condamné à rentrer dans cette horrible bourgade, synonyme d'Enfer et de prison.

__Je descendis de la voiture, dédaigneux des coups d'½il des deux hommes, observant le soleil qui se couchait lentement. Durant le voyage, aucun de nous trois avaient réellement parlé.

- Re-fuguer ne servira à rien, Jacob, m'interpella Billy, tandis que je m'enfonçais dans l'ombre des arbres.

__Je m'élançais dans la forêt épaisse, l'ignorant superbement. J'enlevais déjà mes vêtements, ne gardant que mon short dans la bouche et me transformant en loup. Le trajet jusqu'à chez Charlie ne me prit guère plus de deux minutes. Même si je ne voulais pas l'avouer, Bella m'avait manqué. Elle avait beau être encore avec l'Autre, je voulais comme même la voir. Elle s'était inquiétée. Je l'avais « lu » dans les esprits des autres loups-garous.
__A l'orée de la forêt, je vis la camionnette de Bella, parquée près de la maison, ainsi que celle de son père, dans l'allée. Peut-être qu'elle était chez elle et que l'Autre était parti se nourrir. Mes mains tremblèrent. Réaction instinctive quand je pensais à ces buveurs de sang et surtout à Lui.
__J'inspirai un bon coup, et me hâtais vers la porte, enfonçant mes ongles dans mes paumes pour arrêter les convulsions. J'entendis Charlie se lever avec difficulté, lorsque je frappais, puis ses pas sourds sur le parquet. La porte s'ouvrit et je dus me reprendre à deux fois avant de reconnaître la personne en face de moi : Charlie Swan, le corps maigre et des cernes sous les yeux. Il semblait extrêmement fatigué, comme si il venait de passer plusieurs nuits blanches. Je lus la surprise sur son visage quand il me reconnut également.

- Jacob ?!

- Bonjour, Charlie.

- Est-ce... ?

- Oui, Billy est au courant. C'est lui et Sam qui m'ont retrouvé.

- Mon vieux, content que tu sois de retour, me dit-il en souriant. Un qui revient, d'autres qui repartent, murmura-t-il, ensuite, les yeux dans le vague.

Un sueur froide coula le long de mon dos tandis que je comprenais l'allusion. Faites que ce ne soit pas ce que je crois !

- Bella est ici ? Demandai-je, une note de désespoir dans la voix.

Le sourire se fana. Ses yeux se voilèrent un instant.

- Ah ! Non. Elle est partie en Alaska avec son... (il fit une grimace) mari.

Le coup m'atteint à la vitesse d'une balle de pistolet. Mes craintes étaient confirmées, désormais. Elle était mariée, suivrait une vie où je ne pourrais aller. Elle s'éloignait de plus en plus de moi. Elle m'avait même peut-être déjà oublié...

- Il y a longtemps ? Réussi-je à articuler.

- Oui, pas mal, environ un mois. Mais, ça fais plusieurs jours qu'elle n'a pas donnée de nouvelles, pareil pour Renée...

Je bondis littéralement, et le regarda avec effroi.

- Ils sont où ?! Criai-je.

- A Juneau, quelque part en pleine forêt, d'après...

__Il n'eut pas le temps de finir sa phrase que je retournais déjà dans les bois. La seconde suivante, je me transformais en loup, et galopais jusqu'à La Push. Je repris ma forme humaine en arrivant chez moi, et donna un coup de pied dans la porte, qui se brisa avec fracas.

- Pourquoi ne l'avez-vous pas dit plus tôt ?! Pourquoi m'avoir caché qu'elle était partie ?! Explosai-je.

- Parce que l'on savait que tu réagirais pareil, expliqua calmement Billy.

__J'étais révolté que l'on m'ai caché ça. Surtout Sam. Mon soutien. Quel trahison ! Bella allait mourir ! Mourir ! Deviendrait froide, blanche. Sentirait comme eux. Et l'instinct me dicterait de la tuer. Je serrais les dents, me retenant de ne pas les tuer sur le champ. Pour leur trahison, leur mensonges, leur passivité... Alors que je me retournais vers l'encadrement qui avait accueilli la porte quelques secondes plus tôt, Sam s'interposa, comme si il avait deviné mes pensées. La colère me fit perdre la raison, et je le frappais de toutes mes forces. Je ne pris même pas le temps de regarder comme il réagissait et muta. Etait-ce la colère, la peur, ou l'espoir qui me donnait des ailes ? Je volais littéralement, bondissant entre les arbres, grimpant les pentes sans effort. L'Alaska n'était pas si loin que ça. A cette allure j'allais arriver en fin de journée prochaine.
__J'entendis Quil et Embry qui avaient mutés eux aussi non loin derrière moi. Ils avaient beau y mettre toute leur vitesse, je les dépasser largement, les clouant sur place. Peu à peu les paysages changèrent sous mes pattes. Devint plus rude, rocailleux et parfois neigeux.
__Je longeais les côtes, et croisa un panneau qui m'indiqua la route principale pour la ville. Je remis mon short et traversa l'immense forêt aux couleurs chatoyantes. Soudain, alors que je contournais un arbre, un fumet dérangeant chatouilla mes narines à l'affût. C'était son odeur. A Lui. Mais particulièrement, quelque chose d'autre flottait dans l'air. L'arôme d'un vampire, incontestablement. Le fragrance n'appartenait à aucun des Cullen, je l'aurais reconnue sinon. Un frisson me secoua, mon c½ur frémit, mes yeux s'écarquillèrent.

Non, non, non !

__Je me mis à courir, suivais ces parfums qui m'irritait le nez puis, soudain, je m'arrêtais brutalement. En face de moi, un autre vampire me regardait. Elle était belle, très belle. Mais c'était un des leurs. Rosalie si je me souvenais bien. Ses cheveux était parsemés de feuilles et de petites saletés. Son visage couvert de terre, tout comme ses vêtements. Mais rien n'arrivait à enlever son éclat. Elle me fixait de ses prunelles d'obsidienne, sans ciller.

- Jacob Black, dit-elle, crachant presque.

J'émis un grognement sourd en réponse. Elle me jaugea un instant avant de sourire, amère.

- Il est trop tard pour sauver ta belle... Tu serais venu quelques jours plus tôt, tu aurais pu – au mieux – la tuer, à défaut de la sauver.

__Les arbres vacillèrent autours de moi. Je reculais gauchement, tandis qu'elle continuait de me regarder avec ces prunelles dures. Bella était morte. La vie avait quitté son corps. Elle s'était offerte à quelque chose de froid, dur et dangereux.
__Inconsciemment, mes pas maladroits me guidèrent à une grande maison blanche, isolée dans la forêt, tandis que je restais dans un état second, hors de mon corps. En y réfléchissant, elle me rappelai leur maison. Qu'allais-je faire maintenant si je la revoyais ? La tuer... ?
__Des éclats de voix traversèrent la fenêtre du deuxième étage et je me figeai. C'était elle. Bella. Non ! Ce n'était plus elle. C'était une traîtresse. Une sangsue. Une buveuse de sang. Une tueuse...

__Je défonçai leur porte. Elle alla se fracasser contre le mur d'en face. La seconde d'après, tous les Cullen étaient réuni autour de moi... Enfin presque tous. Ceux que je voulais voir n'était, évidemment, pas là.

- Je veux la voir ! Crachai-je.

- Calme toi d'abord, intima l'extralucide, avec une froideur égale à celle de son corps.

- Je vais la chercher moi-même !

J'allais m'apprêter à les bousculer et monter les escaliers deux à deux, quand mon regard tomba sur le sien ...

_____

Tout d'abord, désolée d'avoir fait un chapitre si court et de ne pas avoir pu vous prévenir !
Je manque cruellement de temps qu'il m'est impossible de prévenir qui que ce soit !
Je vais avoir aussi un mois chargé, donc le prochain chapitre ne viendra pas tout de suite.
J'essayerai de faire que ma lecture de Révélation n'influence pas ma fan-fiction et suivrais l'histoire comme je l'ai entendu au départ.
Sinon, voici donc un chapitre du point de vue de Jacob.
J'ai jugé nécessaire que je m'expérimente à plusieurs points de vue et j'ai pensé que Jacob serait un bon entrainement. ^_^
J'espère que j'ai respecté un minimum le caractère de ce perso.
Le prochain chapitre sera aussi de son point de vue.
S'il vous plait, pas de spoilers sur Révélation !
Merci !

# Postato mercoledì 01 ottobre 2008 09:35

At-Night-Fall • Chapitre 21 •

• At-Night-Fall • Chapitre 21 •

Jacob

____Dégoûtant. Immonde. Ce n'était plus ses yeux. Juste deux affreuses billes, jaunes étincelantes. En face de moi n'était pas - n'étais plus - la Bella humaine que je connaissais. Rien ne l'a rattachée à sa défunte entité, si ce n'est son prénom. Son corps avait changé, son nez, ses yeux, ses lèvres, son odeur, ses cheveux. Jusqu'à son nom. Tout, tout portait une trace infime de changement.
__Lui était devant elle - comme toujours-, à la protéger, même si elle n'était plus aussi fragile qu'avant. Mais il avait raison... Elle ne faisait pas le poids contre un loup-garou, contre ma colère... Mon corps tremblait d'anticipation. L'instinct animal m'intimait de la tuer, la déchiqueter. Que ses membres s'arrachent un à un sous les coups de mes griffes, de mes dents, de ma rage.

__Du coin de l'½il, je vis Edward se tendre. Il avait entendu mes pensées et ne les avait pas appréciées, irrémédiablement. Dès que j'aurais tué Bella, ça sera à son tour. Je lui ferais payer. Il fallait que tous payent. Mais d'abord Bella...

__Elle ne parlait pas. Elle ne s'était pas attenduz à me voir. Ses lèvres pincées prouvaient qu'elle retenait sa respiration.

- Tu as changé, Bella, crachai-je.

- Jake..., émit-elle, égarée et attristée.

__Je grognais pour réponse. Un grondement qui émergea des profondeurs de mes entrailles. Elle recula d'un pas. Effrayée ? Vu sa position, elle était plutôt sur la défensive. Mon pied nu s'avança. Les vampires réagirent en sifflant. Edward releva soudain la tête, surpris. La minute d'après, quelque chose de poilu déboula de la porte défoncée. Je reconnu à qui appartenais l'épaisse fourrure grise. Leah. Le loup-garou le plus rapide de notre groupe. Elle se plaça devant moi, plaçant sa tête sur mon torse. J'émis un grognement de fureur, j'étais tellement concentré que je n'avais pas entendu leurs pensées.

- Jake ! Cria Seth, qui rentra lui aussi dans la maison.

__Il attrapa mes bras et me força à reculer. Mes yeux restaient fixés sur Bella dont les yeux luisaient d'un désir soudain. Entendre nos battements de c½ur et le murmure du sang qui fluaient dans nos veines devaient être irrésistibles pour elle. Qu'elle craque, tiens ! Elle sera à ma portée. Je pouvais me transformer en une seconde. En une seconde, je pouvais planter mes dents dans son cou, la tuer. ( Je notais que les lèvres d'Edward se retroussèrent sur ses dents).

__Ils reculèrent encore. Nous fûmes dehors. Le vent dissipa quelque peu la puanteur qui régnait dans la maison. Comme je m'y étais attendu, Sam arriva, et se posta face aux vampires :

- Nous n'étions pas sûr de la transformation de Bella. Mais, maintenant qu'elle est apparue devant nos yeux, nous pouvons affirmer que le traité est rompu, dit l'Alpha. C'est la guerre, désormais.

__Il recula cependant. Quatre loups-garous contre huit vampires (enfin sept plus entraînés que le dernier), c'était sur que nous ne faisions pas le poids. Il nous fallait le soutien de toute la meute.

- Allons, il y a peut-être un arrangement, murmura Carlisle, la tristesse présente de sa voix.

- Non. Aucun compromis ne sera accepté, déclara la voix tranchante de notre chef.

__Seth émit un gémissement. De nous tous, c'était celui qui appréciait le plus les Cullen. Surtout Edward. Nous reculâmes encore et atteignîmes la bordure de la forêt. Je me transformais aussitôt, de même que les deux autres membres. Leah s'était détournée, le museau tourné vers la maison des sangs-froid, autant pour ne pas nous regarder que pour surveiller les vampires qui s'agitaient dans la demeure.

Retournons à La Push. Il faut que l'on parle aux anciens, décréta Sam.
Pourquoi les attaquer ? Ils ont juste transformés Bella. Elle le voulait en plus. Seth.
Ils nous ont promis qu'ils ne tueraient aucun humain. Retournons à Forks.

__Sous le poids de l'ordre, nos pattes fléchirent et notre nuque s'abaissa en signe de soumission. Il était rare que Sam donne des ordres, mais quand il le faisait, nous ne pouvions l'ignorer. Avec un dernier coup d'½il déçu vers l'habitation, je m'élançais derrière les loups qui galopaient à toute allure vers le sud...


Bella


____Edward jeta une valise sur le lit et y fourra tous les vêtements qui étaient à sa portée dans le dressing. Inquiète, je le regardai faire ses allers et retours à vitesse vampirique. Je me sentais minable, à peine les Cullen avaient achetés une maison, que nous devions déjà déménager...

- Désolée, chuchotai-je.

- Tu n'es responsable de rien, mon amour. C'est ma faute, j'aurais du empêcher Jacob de te voir...

- Non, Edward. Arrête de te sentir coupable.

__Alice arriva, les yeux dans le vague. Elle regardait le futur proche à coup sur. Y cherchant peut-être un problème qui pourrait intervenir pendant mon déplacement, étant la plus dangereuse...

- Je crois que c'est bon, dit-elle de sa voix argentée. Dans la mesure où les clébards ne tentent pas de nous attaquer maintenant.

Elle partie ensuite dans le dressing, chercher le reste de nos vêtements. Edward en profita pour me prendre dans ces bras.

- Cesse de t'inquiéter, Bella. Tu verras, nous autres, vampires, sommes habitué à déménager. Si tu savais le nombre de fois que nous étions dans l'obligation de partir...

__J'enfouis ma tête dans son épaule, humant son odeur capiteuse. Edward était vraiment l'homme parfait, il trouvait toujours les mots pour me consoler. J'avais beaucoup à apprendre encore...

- Je ne suis pas aussi parfait que tu le crois, et puis, tu n'es encore qu'un nouveau... rigola-t-il avant de s'interrompre.

__Je le sentis se figer puis, il recula brusquement, les mains sur mes épaules. Egarée par ce rapide changement de comportement, je levais mon regard interrogateur vers lui.

- Bella, s'exclama-t-il, en état de choc, les yeux écarquillés. Viens-tu de parler ?

- Non, dis-je, et c'était la sincère vérité.

- A quoi pensais-tu à l'instant ? S'enquit-il, les yeux rempli d'un espoir soudain.

- A toi...

__Nous nous fixâmes pendant quelques longues secondes. Puis, peu à peu, la compréhension se peignit sur mon visage.

- A... Attend ! Dis-je. Tu... tu viens de lire dans mes pensées ?

Il m'attira à lui, un grand sourire aux lèvres, avant de me relâcher

- Carlisle ! Appela-t-il.

__Mon beau-père arriva dans la chambre comme si il y était déjà, suivit par le reste de sa famille. Edward avait son sourire qui lui allait si bien, collé au coin de sa bouche.

- J'ai réussi à lire dans les pensées de Bella ! S'exclama mon mari, tout guilleret.

- Fantastique ! S'écria Esmé.

__De mon point de vue, je ne trouvais pas ça fantastique. Adieu mon intimité, adieu la protection de mon esprit. Bonjour les attaques mentales de Jane...

- Y arrives-tu là ? S'enquit le chef de famille.

- Malheureusement non. Ç'a était furtif, fugace. Juste une parole.

Pas totalement perdu mon intimité, tout compte fait...

- Dans quelles conditions étiez-vous ?

- Elle était dans mes bras. C'est tout.

Il m'attira encore une fois à lui, espérant déjouer les barrières de mon cerveau. Sans résultat vu son air frustré.

- Pense à quelque chose, Bella.

Je me concentrais. Songeais à ma rencontre avec Edward, à la cafétéria.

- Rien, finit-il par dire.

- Peut-être faut-il certaines conditions pour qu'il arrive à pénétrer son esprit, résonna la voix d'Alice du dressing. Comme une grande émotion...

- La rencontre avec Jacob, chuchotais-je, frappée par ma révélation.

__Je tournais la tête vers la forêt, vers la direction qu'avaient pris les loups. Vers mon ami avec qui je ferais tout pour me réconcilier, même si c'était ma dernière action....

_____

Non, vous ne rêvez pas. J'ai bien publié un nouveau chapitre !
Je suis sincèrement désolée. J'ai étais horrible de vous faire subir cette longue attente.
J'ai donc profité de cette semaine de blocus des lycées pour poster mon chapitre.
Il s'est passé beaucoup de choses pendant cette longue période : la sortie de Révélation, la sortie de Twilight aux USA, la venue de Rob' et Kris' à Paris...Bientôt le film en France ^_^, courage !
Dans ce chapitre, nous avons donc le bourgeonnement du don de Bella et la fin du point de vue de Jacob.
Il est court ce texte, je sais, le prochain sera plus long, promis !
Bonne fin de semaine.

# Postato giovedì 11 dicembre 2008 11:55