At-Night-Fall • Chapitre 13 •

• At-Night-Fall • Chapitre 13 •
__Enlacés l'un contre l'autre, la tête d'Edward posée sur ma poitrine - l'oreille contre mon c½ur -, je regardais le reflet de la lampe sur le bois du plafond, me perdant dans les creux et les n½uds... Ma main droite caressait distraitement les boucles d'Edward, sans s'en lasser. Il était aux alentours d'une heure du matin, mais cela faisait un moment que nous étions dans la même position, étroitement enlacés. Ma main glissa jusqu'à la joue de mon amant, et je me mis à l'effleurer du bout des doigts. Edward soupira d'aise.

Le moment avait été parfait. Edward avait su rester maître de lui et avait été d'une infiniment tendre. Durant cette nuit, il n'avait jamais été plus humain : ses gestes avaient été un peu hésitants - ce que j'avais trouvé adorable au passage. J'étais sa femme, maintenant. Dans tous les sens du terme. J'étais heureuse, aussi. Alors que ma main, continuait de caressait sa joue, il parla doucement, comme pour prolonger et préserver le moment :

- Merci.

- Merci à toi aussi, dis-je.

- Je me sens vraiment... heureux.

Je ris, le comprenant parfaitement.

- Tu sens comme ma peau s'est réchauffée ? Demanda-t-il, en me prenant la main.

En effet, sa peau d'habitude froide, était tiède, voire chaude - proche de la température humaine. Je hochais doucement la tête, plongeant mon nez dans ses cheveux et humant leur merveilleuse odeur. Doucement, il se releva, et me contempla - ses yeux de velours semblaient caressants sur ma peau nue. Puis, il m'enroula dans les draps, et me serra contre lui. Quelques secondes plus tard, il commença à me fredonner ma berceuse et juste avant que je ne tombe dans les bras de Morphée, je l'entendis murmurer :

- Dors ma Bella. Tu es la seule a avoir su me faire découvrir ce qu'est le bonheur. Dors mon amour. Soit sans craintes, je veille sur toi et ton c½ur... Pour toujours...


Il n'était pas loin de dix heures trente lorsque je me réveillais. Je cherchais à tâtons le corps d'Edward en marmonnant son prénom, mais ne trouva qu'un emplacement vide. Je me relevais. Le drap rouge glissa sur mon corps nu et je frémis en sentant la morsure du froid. Il n'y avait que moi dans la pièce. En plissant le front, je frottai ma nuque rendue raide par la nuit passée. Ma main effleura alors le collier, et je pris la pierre entre mes doigts, faisant scintiller le joyau de-ci delà. Je poussais un long bâillement et cherchai des vêtements à mettre. Ma main ne tomba que sur la chemise d'Edward - celle qu'il avait porté la nuit dernière. Sans me poser de questions, je l'enfilais. Elle était trop grande évidemment, et tombait au niveau de mes cuisses. Je relevais le col, humant l'exquise odeur qui s'était incrustée dans le vêtement. Je me détendis un peu. Sa fragrance sucrée et un peu sauvage formait comme un rempart autour de moi. Une protection plus qu'agréable, comme si il était à mes côtés, me protégeant. Je remontais les manches, ferma quelques boutons, et quitta la chambre.
Prudemment, je regardais le hall et poussa un cri d'exclamation.
Le salon, ainsi que le bas de l'escalier était couvert de bouquets de roses. Toutes de variétés différentes. Il y avait cependant un chemin – au milieu de toutes ces fleurs - pour me permettre de passer et déboucher sur le salon.
Je m'assis sur le siège du piano, seul espace qui n'était pas encombré par les roses. Sur le couvercle de l'instrument était posé un bouquet dont la variété de fleurs était totalement différente de celles qui s'étendaient sur le sol : des frésias entrelacés par quelques bruns de lavande. A côté, une carte :

Surprise numéro 1
Pour ne pas avoir réussi à découvrir tous les desserts.
Je t'aime.
Edward.

Je rigolais. C'était donc ça ! Il avait dévalisé tous les fleuristes de Juneau, et même les villes alentours, vu la quantité de fleurs. Il avait incontestablement payé une petite fortune pour acheter ses roses. A ces mots, je me renfrognais.
Dans mon esprit passa furtivement le visage de Rosalie qui m'avait un jour raconté son histoire, notamment le jour où Royce lui avait offert des quantités de fleurs.

- Bonjour ! S'exclama une voix de velours.

En un instant, il fut à mes côtés, m'enlaçant tendrement.

- As-tu bien dormi ? S'enquit-il.

- Très ! Et ta nuit ?

- Agréable. Au fait, cette surprise tu l'as trouve comment ?

- Comme tous les autres cadeaux.... inutile. Je n'ai vraiment pas besoin de tout ça, ton amour suffit.

- Oh oh ! Vraiment ?

Son regard se vrilla au mien, et je perdis immédiatement pied dans l'or abyssal de ses pupilles.

- Alors ? Continua-t-il.

- D'accord ! Ça me fait plaisir, merci ! Abdiquai-je.

Ne pouvais-je jamais gagner contre lui ? Ou il y avait une loi naturelle et indéniable qui disait qu'il était impossible de gagner contre Edward Cullen ? Il fallait croire que oui...

- Mais de rien. Je te prépare ton petit-déjeuner ?

- Non ! Je veux le faire moi-même, cette fois.

Je me levais d'un bond, et mon regard se posa sur la cuisine encombrée de bouquets.

- Euh... tu pourrais débarrasser un peu toutes ces fleurs, qu'on puisse au moins aller dans chaque pièce ?

- Mais bien sûr !

Grâce sa vitesse naturelle, la pièce fut débarrasser en un clin d'½il. Je me préparais deux toasts et un verre de jus d'orange. Puis, mon déjeuner finit, je filai dans la salle de bain m'habiller plus décemment. J'allai mettre sa chemise dans le linge sale, quand il me prit de court en attrapant le vêtement, et en le portant à son nez, l'air béat.

- Ah ! Soupira-t-il. Ton odeur s'est imprégnée dans le tissu.

Malgré le fait qu'il n'y avait aucun rapport entre la chemise et ma mère, je me mis à penser à Renée. Et telle que je la connaissais, elle devait tourner en rond, attendant un signe de vie de ma part. Il était vrai que depuis mon mariage, c'est à dire cinq jours (déjà !), je ne lui avait pas donné de nouvelles.

- Hum, je vais appeler Renée, dis-je en descendant dans la cuisine.

- Passe lui le bonjour de ma part !

Elle décrocha le téléphone dès la première sonnerie. Naturellement, elle me reprocha de ne pas avoir appeler plus tôt, et de s'être inquiété outre mesure. Je passais les dix premières minutes à m'excuser.

- Comment ça se passe avec Edward ? Demanda-t-elle, une fois calmée.

- Bien. Il est très attentionné, il m'a offert un collier et des fleurs.

- Pas de dispute ?

- Maman ! Edward et moi, ce n'est pas comme vous et Charlie ! M'offusquai-je.

- Tu te protèges bien au moins ? Il ne t'a pas mis enceinte ?

Je restai sans voix pendant une minute, et elle prit mon silence pour ce qu'il n'était pas, c'est-à-dire une affirmation.

- Bella ! Tu te rends compte que tu es beaucoup trop jeune pour attendre un bébé ?!

- Et c'est toi qui me dis ça ? Tu veux que je te rappelles l'âge à lequel tu m'a eus ? M'énervai-je. Réaction épidermique quand on employait ce ton avec moi.

- Je ne veux pas que tu fasses les mêmes erreurs que moi, mais apparemment, c'est trop tard.

- Je ne suis pas enceinte maman !

Je ne mis pas moins de cinq minutes à la persuader qu'effectivement, je n'attendais pas d'enfant. Puis je pris des nouvelles de Phil, passa le message d'Edward, et raccrocha enfin. Je poussais un soupir de soulagement. Edward, était assis sur le canapé et m'observa en pouffant. Je lui lançais un regard peu amène.

- Ta mère est très drôle, vraiment !

- Je ne trouve pas ça marrant, boudai-je. Je t'avais dis qu'après un mariage si précoce, tout le monde croirait que je suis enceinte.

Je secouai la tête pour montrer mon mécontentement. Edward se leva souplement et entrelaça tendrement ses doigts aux miens.

- Te rends-tu compte, que nous sommes mariés depuis cinq jours ? Demanda-t-il.

- Quel vieux couple on fait ! Ironisai-je.

- Tu m'appartiens enfin, murmura-t-il en embrassant mes cheveux.

- Je t'es toujours appartenue, répliquai-je.

Nous restâmes un moment ainsi. Mais, intérieurement, quelque chose battait furieusement ma tête. Je me mordis la lèvre, avant de parler avec ma voix la plus légère :

- Au fait, quand comptes-tu faire de moi un monstre ?

Il se raidi, et je sentis sa mâchoire se contracter.

- Ne veux-tu pas attendre encore un peu ? Supplia-t-il.

- Je suis mariée à toi. J'ai réalisé ma part du compromis ! Contestai-je.

- Parce que tu t'es seulement mariée à moi pour devenir un vampire ?!

Derrière ses traits incrédules, ses yeux brûlaient sous l'intensité de la tristesse. Et je regrettais aussitôt mes paroles.

- Bien sur que non ! Me radouci-je. Mais... je t'ai offert ce que tu voulais, alors, j'aimerais que ça marche dans l'autre sens maintenant. Mon anniversaire approche à grands pas, et je t'ai déjà dis que si tu devais rester adolescent toute ta vie, alors moi aussi.

- Tu ne veux pas attendre, au moins la fin du premier trimestre ?

- Non !

- Un mois ?

- Tu peux faire mieux, Edward ! Une semaine !

- Quoi ? A la fin de la semaine de la rentrée ? S'exclama-t-il, médusé.

- Dans treize jours, c'est la rentrée. Alors après le sept août, j'espère que tu...

Il prit soudainement mon visage en coupe, et me dévisagea avec intensité.

- Tu es sûre de ce que tu veux ? Demanda-t-il, en détachant chaque syllabe.

- Oui. Je me suis mariée à toi. Je suis devenue une femme. Et j'aurais passé un peu du restant de ma vie humaine à l'université, comme tu le souhaitais.

Il me relâcha en soupirant. Le silence devint vite pesant, et je ne savais pas quoi dire pour le briser. Ce fut, finalement, mon amoureux qui parla le premier.

- On a reçu du courrier ce matin. Je n'ai pas voulu l'ouvrir sans toi.

Il désigna du menton, l'épaisse enveloppe de papier kraft, posée sur la cheminée. Une seconde plus tard, il me l'a tendit.

- Tu sais ce que ça peut être ?

- Les photos du mariage, sûrement, dit-il.

- Non ?!

Je m'empressais de l'ouvrir, et en sortit les reproductions. Edward se posta derrière moi, pour voir. Comme je le pensais, sur toutes les photos, il était beau comme un dieu. Quant à moi... j'étais belle, il fallait le reconnaître, Alice, Esmé et Rosalie avait fait du bon travail, vraiment.

- Tu crois qu'on doit en encadrer une ? Demandai-je, en plissant le nez.

- A dessus de la cheminée, ça sera parfait ! S'esclaffa Edward.

Je poussais un long soupir, et regarda pensivement par la fenêtre. Je fronçais les sourcils en voyant un rayon de soleil effleurer le parquet du salon. Edward, surprit mon regard, et répondu à la question muette que je me posais :

- La neige est en train de fondre. En même temps, rien que de plus normal puisque nous sommes en plein mois de juillet !

- Je suppose que tu ne sortiras pas en ville aujourd'hui.

- En effet, il est préférable que je reste ici.

- Dans ce cas, je te tiens compagnie ! Tu seras mon prisonnier, pour une fois ! M'exclamai-je, ravie.

- Pendant toute une journée ? Quelle douce torture...

- Il reste juste la question du « qu'est-ce qu'on va faire ? ».

- Hmm... J'ai ma petite idée...

Il me prit les poignets et m'attira à lui. Devinant ses intentions, je me hissais sur la pointe des pieds, tandis qu'il se penchait. J'atteignis enfin ses lèvres...

_____

Un chapitre qui sert à rien xD
Je trouve qu'en ce moment la vie d' Edward et Bella est très monotone.
Heureusement, dès que ce sera la rentrée, il y aura plus "d'action".
J'ai vu que le chapitre 12 vous a plu, je suis contente.
Merci !

Voici un autre chapitre bonus (je prends de plus en plus plaisir à en faire xD)

Il parle de ce que font Bella et Edward à la fin de ce chapitre...



"- Bella ! Essaye d'écarter plus tes jambes !

- Je peux pas plus ! Je suis à fond. Attends... Recule un peu s'il te plait... Tu me fais mal.

- Ça va mieux là ? S'enquit-il.

- Non ! J'ai encore mal ! Dis-je, en grimaçant.

- Tu crois vraiment que c'est une bonne idée ?

- Je te signale que c'est toi qui l'as eu, rétorquai-je.

- Tant pis, si ça marche pas, il ne vaut mieux pas continuer.

- Tu as raison.

Doucement, il recula tandis que je me redressai.

- Non, je crois que faire une partie de twister n'était pas une bonne idée..., dis-je, en frottant mon dos endolori..."

# Posté le mercredi 30 juillet 2008 08:42

At-Night-Fall - Chapitre 14 •

• At-Night-Fall - Chapitre 14 •
Problème réglé grâce à Elle, merci .

__Avec horreur, mes yeux se posèrent sur une immense horloge que je ne connaissais que trop bien. Cependant, par rapport à la dernière fois où j'étais venu, la Piazza dei Priori était vide. Pas un souffle, pas une âme. Juste moi. L'agora était humide de par une pluie récente et des flaques d'eau scintillaient doucement sous la lumière de la lune. Il y avait toutefois un détail qui me perturbait. Je devais faire quelque chose, c'était une évidence inscrite en moi, mais quoi ? J'inspirai, et avança sous l'horloge, vers les rues sinueuses et ombrageuses. Les nuages, qui défilaient au-dessus de ma tête, étaient compacts et oppressants, ce qui m'angoissait d'autant plus.

- Bella ?

Je me retournai vivement, et me figeais.

- Jacob ?

Il regardait nerveusement autour de lui. Ses longs cheveux mouillés dégouttaient sur son torse nu et ses mains tremblaient. Cependant, sa présence m'horrifiée. Il ne devait pas se trouver ici. Il ne devrait pas. Si les Volturi le voyaient...

- Jack, va-t-en ! Lui criai-je.

- Mais regarder qui voilà. C'est Bella ! S'exclama une autre voix, un ténor étouffé...

Mes dents claquèrent. Une fois encore, je me retournai, plus lentement cette fois. Cette voix... je l'aurai reconnue entre mille. Mon gémissement mourut dans ma gorge en voyant les prunelles rouges vif d'Aro. Son sourire aimable dissimulait quelque chose qui ne me disait rien qui vaille.

- Tu nous as rapporté un ami, chère Bella ? Tiens, c'est drôle... Il n'a pas l'air d'un humain normal...

Et son sourire se transforma en un rictus sauvage - ses dents miroitèrent. La peur s'infiltra dans mes veines. Il savait. Il connaissait le secret de Jacob. Il savait que c'était un loup-garou... Spontanément, je me mis devant Jack, levant les bras pour le protéger. C'est alors que je vis que mes ongles étaient plus longs que d'habitude... des griffes.

La foudre percuta soudain l'horloge, illuminant la place. Éclairant ma peau - blanche comme la neige - qui scintilla un instant comme des milliers de diamants sous la lumière aveuglante. Par terre, le reflet que m'envoya la flaque d'eau me stupéfia. Au lieu des yeux chocolat que je possédais ordinairement, deux iris cramoisis luisaient comme des flammes. Renforcés par l'éclair éblouissant, ils en étaient d'autant plus effrayants.

Pourtant, rien de tout ça ne m'affola vraiment, car par-dessus le tapage assourdissant, je réussis à entendre le doux murmure néanmoins horrifié de Jacob à mon oreille :

- Bella, qu'est-ce que tu es devenue ?


J'ouvris les yeux brusquement, le souffle court et le front en sueur. Edward, à mes côtés, caressa ma joue, une lueur d'inquiétude dans les yeux.

- Bella, mon amour, ça va ? Tu étais très agitée. Tu as fais un cauchemar ?

- Oui... Je vais bien, ne t'inquiète pas.

J'enfoui ma tête contre son torse, espérant que son odeur me calme et m'apaise. Je fus tout de suite soulagée.

- Tu souhaites en parler ? Tu as crié « Laisse-moi t'expliquer ».

- Pas maintenant. Demain, peut-être. Si je m'en souviens, dis-je, en étouffant un bâillement.

Ma berceuse se déversa entre ses lèvres de givre, tout près de mon oreille. Je regardais mes mains tremblantes, et fus apaisée en constatant que je n'avais pas de griffes. Je restais éveillée quelques minutes - appréciant le contact des doigts froids d'Edward qui caressait mes cheveux - avant que Morphée ne reprenne ses droits...


Le matin, je me réveillai seule encore une fois. Enfin pas tout à fait, car Edward apparu deux minutes plus tard, un plateau chargé de nourriture dans les mains. Pendant que je mangeai ses délicieuses brioches (sans jeu de mot), il me questionna sur mon rêve, et je prétendis avoir oublié, croisant les doigts pour qu'il croie à mon mensonge. S'il ne fût pas dupe, il ne le montra pas, néanmoins.

- Tu souhaites voir ton cadeau ? Demanda-t-il, en souriant soudainement.

- Pardon ?

- Deux desserts, donc deux cadeaux...

Je ronchonnais, mais il me prit vivement la main, me forçant à me lever et m'emmena dans le salon. Je découvris avec stupeur, un magnifique ordinateur portable - dernier cri - sur un bureau en bois massif.

- Edward, qu'as-tu fait ? Murmurai-je, en approchant de la machine rutilante.

- J'ai pensé que ça te plairais. Pour écrire à tes parents, et aux autres, avant ton... changement.
Tu aimes ?

- Oui, merci.

Il m'offrit son magnifique sourire en coin. Je lui souris en retour, espérant être la plus convaincante possible. Lorsque je remontai pour me laver, je remarquai que l'odeur capiteuse des fleurs était incrustée partout, s'infiltrant même jusqu'aux draps et aux rideaux. Durant ma douche, je me repassai encore et encore le rêve, essayant d'y trouver une raison - ou un message caché... Peut-être que dans le maelström de mon subconscient j'avais peur de la réaction de Jacob s'il savait ce que j'allais devenir... Peut-être avais-je vu, ce que je deviendrai... J'eu un frisson d'horreur.

Quand je rejoignis Edward dans le salon, je vis qu'il s'était figé dans la pièce. Les narines dilatées, et les traits incrédules. « Les Volturi ? », Pensai-je, aussitôt. Je couru jusqu'à lui, et pris son visage entre mes paumes, soudain inquiète.

- Edward, qu'as-tu ?! Qu'est ce qu'il se passe ?

Ses yeux éthérés retrouvèrent leur lave liquide et incandescente. Les coins de sa bouche se relevèrent légèrement en une moue craquante et ravie lorsque je croisai enfin son regard.

- Qu'est ce qu'il se passe ? Répétai-je.

- Rien, marmonna-t-il. J'aime vraiment comme le bleu de ton corsage sied avec ta peau Susurra-t-il, en me fixant, et en changeant de sujet en même temps.

- Merci.

Mon ton avait été un peu sec, mais je détestais ne pas savoir ce qui se passe. Il rit légèrement.

- Si mes sens ne me trompent pas, nous avons de la visite, dit-il finalement. Et ne t'inquiètes pas, ce se sont pas les Volturi..., ajouta-t-il en pouffant.

Je le fixai perplexe, avant de fonçer vers la porte. Je me débattis un instant avec la serrure - la sonnette retentit - et ouvris la porte à la volée.

- Surprise Bella !

Une tornade noire et blanche me sauta dans les bras, me faisant plier les genoux sous le coup.

- Alice !

Elle retomba avec grâce sur ses pieds, avant de m'embrasser sur les deux joues.

- Je ne suis pas seule ! S'exclama-t-elle, en me faisant un clin d'½il.

Mon regard s'ajusta par-dessus son épaule droite, et tomba sur le reste de la famille, debout prêt de leurs voitures (un des Cullen avait ramené la Volvo), souriants. L'image de la parfaite famille américaine comme le montraient les catalogues s'imposa dans mon esprit.

- Où est mon frère adoré ? S'écria le lutin, en entrant.

Esmé m'enlaça maternellement, suivit de Rosalie qui m'embrassa. Jasper me serra la main timidement, Carlisle m'étreignit à ma grande surprise (J'allais avoir à dos toutes les infirmières de Forks si elles l'apprenaient.) et Emmett m'étouffa dans ses étreintes d'ours. Lorsque je rentrai à leur suite, tout le monde était déjà installé sur le canapé. Je remarquai qu'Edward était particulièrement joyeux. Je n'étais pas la seule à être contente de les revoir.

- Vous avez une très belle maison. Je suis heureuse que tu ais eu du goût, s'adressa Alice à mon homme.

Je m'installai à ses côtés, et remarqua la moue qu'arborait Rosalie. Ses lèvres étaient pincées en une étroite ligne tandis qu'elle regardait les vases débordants de roses. Cela devait lui rappeler tellement de souvenirs...

- C'est dommage que vous soyez venu le jour où il fait beau. La neige a fondu, s'esclaffa Edward en regardant Emmett.

- Tant pis. On attendra la prochaine chute pour faire une bataille.

- Celle de ce soir sera abondante, prévint Alice en se concentrant quelques secondes. La neige sera compacte, tout ce qu'il faut pour une bonne bagarre avec des boules de neige.

Emmett dévoila ses dents extra blanches en un large sourire qui trahissait son impatience.

- Un vrai temps de juillet, formidable ! Ironisa Jasper.

- Ma parole tu as dévalisé un fleuriste ! S'exclama Esmé.

- Pas un, plusieurs, répondit mon amoureux. C'était un cadeau pour Bella, elle n'a pas réussi à découvrir tous les desserts que je lui faisais goûter.

- Ah oui, j'ai vu ça, dit Alice.

Insensiblement je tournais mon regard vers elle. Elle était au courant de notre soirée avec Edward. Toute notre soirée... Tandis que je me crispais et rougissais, Edward, lui, semblait parfaitement à l'aise. Quand elle surprit mon regard rempli d'une colère froide, elle parut faussement étonnée.

- Quoi ? Tu m'en veux de vous avoir espionné ? Il y a des fois où je ne peux pas arrêter mes visions, se justifia-t-elle avec un air désolé (alors qu'elle ne l'étais pas).

- Avoue que tu n'as même pas essayé, ripostai-je.

- C'était une vengeance personnelle sur toi, mon cher ! S'écria-t-elle à mon mari. Je me venge de toutes les fois où avec ton don, tu as vu des choses que tu ne devais pas voir.

Son rire démoniaque résonna dans la pièce.

- Ne t'inquiètes pas Bella, je vengerais notre honneur, me murmura Edward à l'oreille.

- Oh oh ! Des histoires pareilles, ça se règle en duel, s'exclama Emmett en se frottant les mains.

- Parfait ! On fera une bataille de boule de neige. Que le meilleur vampire gagne ! S'écria Alice, en utilisant encore une fois son rire satanique qui me donna une série de frissons.

La conversation de la journée ne fut presque portée que sur la chute de neige qui s'annonçait. Lorsque, le soir, j'allai me coucher, je dis au revoir à toute la famille puis monta dans la chambre suivit de près par mon amoureux. En poussant un soupir de soulagement, Edward m'enlaça à travers les draps.

- Enfin seuls, souffla-t-il.

- Tu as hâte d'être à demain ?

- Oui, rigola-t-il. Je meurs d'impatience de ratatiner Alice.

J'entendis la concernée siffler instantanément. Edward rigola.

- Je suis contente qu'ils soient venus.

- Moi aussi, même si on aura beaucoup moins d'intimité.

Je me retournais vers lui, mes doigts traquant son menton. Une fois à leur but, je me soulevais un peu, pour que mon visage surplombe le sien et posa mes lèvres sur les siennes. Aussitôt, Edward attrapa ma taille pour me coller à lui, son autre main tenant fermement ma nuque. Même si nous avions passé un grand cap, il restait toujours un peu prudent. Il me repoussa donc gentiment mais fermement, quelques minutes après. Nouant mes doigts aux siens, je reposais ma tête sur l'oreiller, et me laissa bercer par sa chanson avant que le sommeil ne s'abatte sur moi.


Quand je me réveillai le matin, la maison était en pleine effervescence. J'appris par Esmé et Rosalie, en mangeant mon petit-déjeuner en leur compagnie, qu'Edward et Alice étaient déjà partis.

- La bataille n'a pas commencé. Ils préparent juste leurs munitions. Ils s'y sont mis dès que la neige a formé un bon tapis sur le sol, me dit Rosalie.

- Emmett aide Edward, ils ont décidé de s'allier.

- Evidemment puisque Jasper a été forcé de s'unir à Alice, s'esclaffa la blonde sublime.

Une fois habillée, je pris une paire de gants et suivit Esmé qui cheminait tranquillement dans la forêt. Comme l'avait prédit Alice, il avait neigé abondamment. (Il y avait même des endroits où la neige m'arrivait au-dessus des genoux.) Puis nous débouchâmes sur une clairière. Je m'arrêtais, stupéfaite. A plusieurs mètres de distance, deux énormes montagnes de boules de neige étaient soigneusement empilées. Je croisai le regard d'Edward, lequel apparu immédiatement à mes côtés.

- Bonjour Bella, s'exclama-t-il, gaiement.

Il me donna un baiser furtif.

- C'est toi qui as fait tout ça ?

- J'ai étais aidé par Emmett, et on a eu toute la nuit pour avoir ce résultat.

- C'est bientôt l'heure, prévint sa mère.

Edward tourna le regard dans sa direction. Je fus certaine qu'un message silencieux passa entre eux, car Esmé posa délicatement la main sur mon épaule.

- Viens, Bella, allons plus loin. Edward ne veut pas que tu reçoives une balle perdue.

Nous nous éloignâmes, Rosalie nous rejoignit. Emmett se posta aux côtés de son frère.

- Quels sont les règles du jeu ? Demandai-je.

- Ils doivent s'affronter seulement dans la clairière. Si l'un d'eux pose le pied en dehors, c'est la disqualification. Aussi, quand quelqu'un est touché, il est éliminé. S'il s'avérait que Jasper et Alice soient atteints, l'équipe d'Edward gagnerai. Et vice-versa.

La forêt fut soudain silencieuse. Alice, à l'instar de mon amoureux roulait fébrilement une boule de neige entre leurs doigts marmoréens. L'excitation faisait briller leurs pupilles dorées. Je remarquais qu'ils ne se quittaient pas du regard. Apparu alors Carlisle, qui se positionna à nos côtés, et d'une voix claire donna le top.
Tout à coup les balles volèrent. Tellement rapides que je distinguai que des gestes flous. Elles s'écrasées sur les troncs en mille éclaboussures, ou partaient dans la forêt et tombées dans la neige avec un bruit sourd. Edward, Emmett (malgré sa masse importante), Alice et Jasper semblaient voler, évitant les projectiles avec aisance. Ceux qui se débrouillaient le mieux étaient évidemment Edward et Alice, car l'un pouvait prévoir les mouvements de ses adversaires, et l'autre lisait dans l'esprit l'attaque que son opposant allait exécuter.
Soudain, Emmett poussa un grognement - son manteau était couvert de neige - et sortit du cercle de la clairière en râlant. Aie ! Edward allait devoir se défendre seul... Pourtant la minute d'après, Jasper nous rejoignit, la neige dégoulinant dans son cou...
Esmé, Rosalie et Carlisle regardait fixement le combat, voyant de choses que mes yeux ne pouvaient (pas encore) distingués. Puis, Edward se retrouva perché sur le dos de sa s½ur, sa bouche près de son oreille.
« Gagné » Dit-il avant de lui écraser la neige sur la tête. Alice lâcha un sifflement furibond, attrapa les bras qui encerclaient son cou, et roula sur le sol, écrasant Edward dans la neige... Je crains soudain que ça ne tourne à la bagarre, mais ils se relevèrent quelques instants plus tard en rigolant.

- Edward Cullen, vainqueur, dit Carlisle.

Mon amoureux apparu à mes côtés, sa bouche tout près de mon oreille. Un frisson parcouru ma colonne vertébrale quand je sentis son haleine glaciale dans mon cou.

- Un baiser pour le vainqueur ?

Je me retournai. Nos visages à quelques centimètres à peine.

- Viens là, chuchotai-je, en attrapant sa nuque de mes bras.

Les autres partirent dans différentes directions – en couple – pour nous laisser un peu d'intimité. Cependant, nous ne restâmes pas seuls longtemps car Alice demanda à me parler.

- Viens faire une balade avec moi, Bella, dit-elle. Je la ramènerai à la maison bientôt, ajouta-t-elle à l'adresse de son frère.

Il m'embrassa à nouveau, et partit avec Jasper en direction de notre chalet. Alice quitta l'orée clairière, et je l'a suivie, curieuse de savoir ce qu'elle avait à me dire. Nous marchâmes plusieurs minutes, durant lesquelles je remarquais que la côte devenait plus pentue. Enfin, ma s½ur prit la parole :

- Bella...

- Oui ?

- Avant-hier soir, tu as fait un cauchemar n'est-ce pas ?

- Comment le sais-tu ?

- Edward m'en a parlé.

- Et donc... ?

- Tu sais que tu peux tout me dire, à moi.

Je gardais le silence un moment, puis soupira. Alors, je commençai à raconter mon rêve, donnant le plus de détail possible. Pendant que je m'exprimais, Alice ne dis rien, se bornant à écouter et a hocher la tête.

- Tu as-peur ? Demanda-t-elle, une fois que j'eus fini.

- De devenir comme ça, oui.

- Et de la réaction de Jacob Black aussi.

- Il m'a fait clairement comprendre qu'entre lui et moi, ça serait définitivement plus pareil quand je serais devenu un vampire... Je crois qu'au fond de moi, je me dis qu'il aura la même réaction que dans mon rêve, s'il me voit en immortelle...

Elle hocha gravement la tête.

- Dis-moi, est-ce que tu as vu si ça allait vraiment m'arriver ? Demandai-je.

- Etant donné que tu es humaine et que mes possibilités sont limitées à cause de ce facteur, je ne sais pas si cela va vraiment arriver. De plus, si ça se trouve, ton rêve se passe dix ans dans le futur, et je te rappelle que je ne vois que le futur proche... Mais compte sur moi pour te prévenir, si ça venait à arriver...

- Merci...

- Avant de partir, je suis passé voir Charlie. Il va bien, ne t'en fait pas, ajouta-t-elle précipitamment en voyant mon regard affolé, il s'en remet peu à peu. Mais ces temps si, il passe beaucoup voir Billy Black, grimaça-t-elle, ils doivent s'aider mutuellement. Après tout ils ont « perdu » chacun un enfant...

- Au moins, il n'est pas seul..., dis-je, rassurée.

La forêt fut soudain coupée par une longue route déserte. Et je remarquai en même temps qu'Alice, qu'une voiture était garée sur le bas côté.

- Allons voir.

Un adolescent de mon âge, était penché par-dessus le capot qui fumait, les mains couvertes de cambouis. Quand il nous remarqua, son visage s'éclaira.

- Vous êtes les premières personnes que je vois depuis deux heures ! Je commençai à me demander si ce coin était habité.

- Un problème ?

- Elle a calée, dit-il en parlant de sa voiture, et elle refuse de démarrer. Et comme je suis nul en mécanique...

- Je peux t'aider si tu veux, proposa-t-elle.

En deux minutes elle trouva la raison de la panne.

- C'est vraiment gentil. Pendant un moment, je me suis demandé si je n'allais pas devoir marcher à pied. Au fait, je suis Alexander Adams, mais appeler-moi Alex.

- Bella Sw...Cullen, et voici Alice, ma s½ur, présentai-je.

- Vous allez à l'université de Juneau ?

- Bella, oui. Moi, non.

- C'est ma première année, ici. J'allai justement rejoindre l'appartement que j'ai loué.

- Vous partagerez peut-être des cours ensemble, dit Alice, en souriant.

- On verra à la rentrée. Je dois y aller. Merci ! A bientôt, Bella, alors, lança-t-il, avant de démarrer et de partir en trombe.

- Rentrons, proposa ma s½ur, en regardant les nuages qui s'unifiaient, signe qu'il allait neiger.

- Tu n'en veux pas à Edward d'avoir gagné, au fait ? M'esclaffai-je.

- Il savait que j'allais perdre. J'ai eu une vision de sa victoire, et bien que j'ai tout fait pour me défendre, le destin était contre moi... Mais à la prochaine bataille, je gagnerai !

Nous réussîmes à rentrer avant qu'il neige, et un bon feu de cheminée m'accueilli à bras ouverts, tout comme Edward, d'ailleurs.

A ma grande surprise, les jours restants avant la rentrée défilèrent en un rien de temps. Je m'en rendis compte en voyant que le calendrier affichait la date du trente juillet. J'avais été continuellement occupée entre Alice qui me voulait comme partenaire de shopping et les batailles de boules de neige d'Emmett (auxquelles je me contentais de regarder).
De plus Esmé et Rosalie s'étaient lancée dans l'idée de re-décorer la maison, achetant des meubles et des appareils encore plus luxueux que ceux que nous possédions. De ce fait, le chalet se transforma en un véritable hôtel cinq étoiles (il y avait même un jacuzzi dans la salle de bain). Une mezzanine avait été construite au-dessus de notre chambre pour accueillir le bureau et un nouveau dressing (les vêtements que m'avait acheté Alice ne tenaient plus dans la commode), libérant la pièce pour le meuble principal, le lit.
La veille de la rentrée, les Cullen rentrèrent à Forks. Esmé m'enlaça longuement, Alice me lança un regard appuyé que je ne réussi pas à identifier, Rosalie m'embrassa, Jasper fut tout aussi prudent, Emmett resta fidèle à lui-même et enfin, Carlisle m'étreignit à ma grande surprise. (J'allais avoir à dos toutes les infirmières de Forks si elles l'apprenaient.)

- Que souhaites-tu faire pour cette fin de journée ? Demanda Edward, une fois que notre famille fut partie.

- Et si on se promenait ?

Il n'avait pas neigé depuis plusieurs jours, et le soleil avait repris ses droits, en plus de la tiédeur. (Alice nous avait assuré que le temps serait couvert le jour de la rentrée).

Edward scintillait sous la lumière solaire, et je ne cessais de le contempler, gravant ce spectacle dans ma mémoire.
Le soir, j'enfournai mes cahiers dans mon sac en même temps que mes livres de cours. Je m'assurai une dernière fois qu'il ne manquait rien avant de me coucher. Cependant, la nervosité « du lendemain » m'empêchait de m'assoupir. Même lorsque Edward chanta ma berceuse. Il était aux environs d'une heure et demi du matin quand je m'endormis enfin...

_____

Voilà, un autre chapitre de fini.
L'heure de la transformation arrive à très grands pas (au grand damne d'Ed').
N'oubliez pas que TOUT peut arriver.
Si ça se trouve il n'y aura pas de transformation...
Ou peut-être que si... AHA suspense !

Parlons du chapitre précédent, le n°13.
La plupart d'entre vous sont tombés dans le piège du bonus. xD
Bref, on sait qui sont les perverses =D
(Brunete-Style a cru que j'étais une sadomaso mdr ! xD).

Le prochain chapitre portera principalement sur la semaine à l'université.
Voilà, j'espère que ce chapitre vous a plu (moi, j'ai un avis mitigé dessus =S).
Bisous à toutes, et merci pour tout vos commentaires !

# Posté le mercredi 06 août 2008 09:51

Modifié le jeudi 07 août 2008 08:48

At-Night-Fall • Chapitre 15 •

• At-Night-Fall • Chapitre 15 •
__Ma main dans celle d'Edward, j'avançai vers les grilles de notre université. La cour était noire de monde, et beaucoup de gens nous dévisageaient. Naturellement, être accompagnée par l'homme le plus parfait du monde – un archange tombé du ciel - attirait forcément les regards... Je voyais des filles contemplaient envieusement Edward, mais je n'étais pas jalouse. Il m'appartenais. Ma bague, le grand cap et les nombreux « je t'aime » pouvaient le confirmer...

Un homme élégant en costume - se présentant comme le directeur de l'établissement - monta sur une estrade et nous servit un long discours sur la discipline et la rigueur dont nous devions faire preuve pour la fierté de l'école. Je n'écoutais que d'une oreille, d'autant plus qu'Edward appuyait ses lèvres sur mes cheveux de temps à autres.

Puis, le responsable commença l'appelle pour l'attribution de la classe. A ma grande satisfaction, mon premier cours - celui d'anglais - était avec Edward. Nous montâmes ensemble les escaliers du bâtiment des langues et ne tardâmes pas à trouver notre classe. Une fois tout les élèves assis, l'enseignant nous distribua nos emplois du temps. Je n'avais que trois cours en commun avec mon amoureux : la SVT, le sport (pouah !) et l'anglais donc.

La matinée passa très vite car dans la majeure partie des cours, les professeurs expliquaient leur programme. Lorsque la cloche de midi sonna enfin, je me dépêchais de sortir. Edward m'attendait déjà, derrière la porte, adossé au mur - et étrangement silencieux quand il me vit. Nous allâmes au réfectoire. Il prit un plateau pour moi, et nous prîmes des places isolées. Quand je levais la tête pour le regarder, il fixait pensivement la fenêtre derrière moi, enfermé dans un mutisme étrange. D'habitude, il était avide de connaître mes moindres faits et gestes, les moindres pensées que j'avais eu pendant les cours... Son comportement me laissais perplexe. Voulant entendre le son ténor envoûtant, je décidais de parler :

- Comment va, les cours ?

Il tourna lentement les yeux vers moi, puis haussa les épaules avant de retourner à sa contemplation. Douchée, je plantai férocement ma fourchette dans mes lasagnes, envoyant de la sauce sur la table. Je chipotais plus que ne mangeais, pour finalement me contenter de ma limonade. L'aphasie d'Edward ne cessât pas durant tout le repas, et même lorsqu'il m'accompagna au cours suivant. Auquel je participais dans un état d'extrême agitation et d'anxiété. J'essayais de me rappeler notre dernière conversation. Peut-être avions nous eu un sujet de discorde, expliquant son apathie. Mais je n'y trouvais pas de raison. Ce matin, il avait était normal... De plus, ce n'était pas la soif qui le tiraillait, car ses prunelles avaient encore quelques ombres de reflets or.
La dernière fois qu'il avait eu ce comportement, c'était avant qu'il me quitte... Mais j'écartais vivement cette pensée. Jamais plus il n'allait m'abandonner... Non, c'était sur autre chose qu'il réfléchissait...


Une fois le dernier cours de la journée terminé, je m'empressai de rejoindre la Volvo. Il était assis à la place du conducteur, le volume de l'autoradio tellement bas que je n'identifiai pas la chanson.
Quand nous arrivâmes au chalet, le silence absurde qui régnait entre nous n'avait pas été rompu. Il prit mon sac sans rien dire, et entra dans la maison. Une bouffée de colère, mêlée à l'inquiétude m'envahi soudain. Je serrai les poing, déterminée à m'expliquer, et m'interposais entre lui et la porte en le regardant férocement, mes yeux dans les siens.

- Vas-tu m'expliquer une bonne fois pour toute ce que tu as ?! Ça me rend malade que tu ne parles pas ! Qu'est-ce qu'il y a ?

Des larmes de rage commencèrent à perler aux coins de mes yeux. Toute la souffrance et l'incompréhension contenues pendant l'après-midi menaçait de sortir en violents torrents. Il parut enfin réagir devant les gouttes qui roulaient le long de mes cils.

- Dis-moi... continuai-je, d'une voix brisée.

Mon sac tomba à terre, et je me retrouvais dans ses bras, bercée doucement.

- Bella, ma Bella, pardon, murmura-t-il, me serrant plus encore.

Je me fichais d'être consolée, je voulais des explications. Je me dégageai de l'étau qui m'enserrait et le toisa. Voyant que j'attendais un éclaircissement des faits, il soupira.

- J'ai peur, dit-il finalement.

J'en restai coite.

- J'ai peur, reprit-il, de ce qui va arrivé d'ici la fin de la semaine. Il... Il te restes si peu de temps, et tu sembles tellement... résolue. Tu te rends compte que je vais bientôt te tuer ? Toi, la femme que j'aime, ma raison de vivre ?

- Tu ne vas pas me tuer... J'ai confiance en toi. Tu surmonteras ta soif.

- Je ne parle pas de cette mort là. Bien sûr cet élément n'est pas négligeable. Mais je parlais de l'autre mort. Voler ton âme ! Comment puis-je m'y résoudre ? Tu mérites tellement mieux, Bella, dit-il en secouant gravement la tête.

Il prit mon visage entre ses paumes glacées, ses yeux emprunts d'une passion violente et chagrinée. D'autant plus, l'onyx et l'or mêlés rendaient son regard plus hypnotiseur que jamais.

- Tuer mon âme, ça serait te tuer, toi, murmurai-je finalement en caressant ses lèvres. Mon âme, c'est toi. Mon c½ur, c'est toi. Je ne suis qu'une enveloppe qui vit grâce à sa moitié. Tout va bien se passer, le rassurai-je. J'ai confiance.

Ma voix avait été posée et dénuée de tout doute et de crainte. Il expira longuement, vaguement rassuré. Puis, doucement, il approcha son visage, et sécha mes larmes de ses lèvres.

- J'ai confiance, répétai-je en murmurant, bouleversée par son geste si tendre et intime.



C'est effarant comme le temps passe vite dans ces moments là, lors des événements importants. Comme si quelqu'un de vicieux avait appuyé sur le bouton d'avance rapide ou s'amusait avec les grandes aiguilles du Temps. Comme si chaque minute était aussi rapide qu'un battement de c½ur, et s'écoulait entre mes doigts, pareil à de l'eau que l'on tentait de retenir avec ses mains...

Nous étions déjà vendredi....

Edward était radicalement et visiblement nerveux. Irritable comme un grizzly sortit de son hibernation. A chaque fois qu'il parlait, je sentais qu'il contrôlait sa voix. Il arrivait que ses mains se serrent en un poing tellement serré que je distinguais ses tendons sous sa peau d'albâtre. Etrangement aux yeux de mon amoureux, j'étais à peu près sereine. En effet, je ne m'inquiétais pas trop. Certes, savoir que j'allais mourir me mettait mal à l'aise, sans compter la douleur. Mais la récompense en valait la peine... Une éternité avec Edward. Je pouvais bien affronter trois-quatre jours de souffrance intense pour ça. Pendant le repas de l'après-midi, Edward tournait fébrilement ma pomme entre ses paumes, tentant de se calmer, visiblement. Je ne l'avais jamais vu dans un tel état d'agitation, on aurait dit un lion impétueux qui tournait en rond dans un cage. Je posais ma main sur sa cuisse et la tapota doucement. Il sursauta légèrement et me regarda :

- On dirait que c'est toi qui va être transformé, plaisantai-je tout bas.

- Tu devrais être dans cet état. Ce n'est pas normal... Tu prends ça avec tellement de... détachement.

- Oh ! Mais je stresse aussi, crois-moi...

Soudain, j'entendis un bruit étrange, sous la table, comme si on écrasait quelque chose.... Je baissais mes yeux à terre, et contemplait les restes de ma pomme gisant à terre, complètement réduits en compote. Bah, je n'avais pas faim de toute façon ! Et puis, valait mieux que je le calme avant qu'il ne casse autre chose. La table, ou un mur par exemple...

- Je suis plutôt contente de finir cette semaine avec deux cours en ta compagnie. Le seul problème, c'est que tu vas me voir en sport, grimaçai-je.

Ma tentative de le calmer et de le détourner des ses pensées marcha assez bien, puisqu'il sourit brièvement, un petit peu plus détendu. La sonnerie de la reprise des cours retentit. Nous nous levâmes et rejoignîmes la classe de SVT.

- Tu te souviens, dis-je, sur le chemin, c'est en sciences naturelles que l'on s'est rencontré.

- Oui, le jour où j'ai failli te tuer... Toi, l'Agneau.

- Regarde maintenant ! L'Agneau va devenir comme le Lion ! Beaucoup de choses ont changés en seulement deux ans... Je me sens vieille, ajoutai-je.

Il leva les yeux au ciel... Je remarquais que son énervement était passé, du moins pour l'instant...
Les tables de la classe étaient disposées en un arc de cercle. Dessus, était posé un carton blanc où étaient soigneusement inscrits, deux noms. Notre professeur, M. Wilson – un petit homme chauve, et nerveux – entra dans la classe, et parla d'une seule traite :

- Votre nom et celui de votre voisin de table est inscrit sur une de ces cartes. Ce plan de classe s'appliquera pour toute l'année. Trouvez vos places respectives, et asseyez-vous.

A l'instar de mon amoureux, je lâchai un long soupir et alla chercher ma place. Lorsque je m'assis, je vis que mon compagnon de table ne m'était pas si inconnu que ça...

- Bella ! S'écria Alexander Adams, en me remarquant également.

- Salut, dis-je. Comment va ta voiture ?

- Elle roule comme une jeune fille. Grâce à ta s½ur !

- Super !

Je remarquai qu'Edward était assis à mon opposé. Il avait l'air plutôt calme... La fille à côté de lui ne cessait de lui lancer des regards en coin auxquels il ne prêta aucune attention.

- C'est ton frère ? Demanda Alex, en suivant mon regard.

- Non.

Il fronça les sourcils.

- Vous avez pourtant le même nom...

- Je ne suis pas sa s½ur.

Je lui montrais ma main gauche. Il poussa un sifflement admiratif en voyant la fine bague.

- Je n'ais donc aucune chance avec toi...

Oh non ! J'en avais déjà assez avec Mike, Eric et Tyler, alors un de plus... Qu'est-ce que les garçons avaient tous avec moi ?! Les lumières s'éteignirent, ce qui m'évita de lui répondre.

- Maintenant que vous êtes tous à vos places, je peux vous parler du sujet d'aujourd'hui : l'éducation sexuelle, dit M.Wilson en sortant une cassette vidéo de son sac.

Oula !

- Vous savez tous que vous êtes en pleine période où les hormones vous travaillent. Il se peut que certains d'entre vous aient même déjà pratiqué ce genre... d'exercice.

Pourtant embarrassée, je ne pus m'empêcher de regarder Edward. Ses yeux croisèrent les miens et ses iris m'incendièrent - même sous la faible lueur que projetait la télévision -, ruisselantes de tendresse et d'amour. Je me détournais en suffoquant.
Le prof mit la vidéo en marche. Ne souhaitant pas la voir, je me mis à gribouiller le nom d'Edward sur une feuille.

Alex émit un petit rire moqueur. Je le considérai. Ses lèvres étaient pincées, et il regardait le film d'un air railleur. Je levais les yeux vers l'écran, et fus tout de suite éc½urée. Quelques secondes plus tard, mon camarade lâcha une sorte de glapissement et manqua de tomber de sa chaise. M.Wilson attiré par le bruit, alluma de suite l'éclairage, en mettant en pause la cassette.

- Qu'est-ce qui se passe ?! Explosa-t-il. Vous avez un problème M. Adams ?!

- Quelqu'un m'a envoyé une gomme en pleine tête, se plaignit le concerné en se massant le front.

Incrédule, je fixai l'objet en question avant d'aviser Edward. Ses yeux bouillonnaient de fureur, ses dents étaient serrées et ses narines dilatées. Je me rappelai de l'image que j'avais eu de lui quand j'avais sauté de la falaise. Il arborait la même expression, plus contenue tout de même. Cependant, personne n'aurait osé accuser un tel visage. Si je ne le connaissais pas, l'idée même de penser que se fut lui le coupable ne m'aurais pas effleuré.

- Si nous sommes interrompus encore une fois, je vous préviens que je colle la classe entière ! Menaça l'enseignant.

Heureusement, la fin de l'heure se déroula sans aucun autre incident. Dès la sonnerie, j'enfournai précipitamment mes affaires dans mon sac et rejoignis Edward qui m'attendait. Silencieusement, nous marchâmes jusqu'au gymnase où nous avions cours de sport (beurk !) , et une fois que je fus certaine d'être seule, je m'écriai :

- Non, mais je peux savoir ce qu'il t'as pris ?

- Quoi ? Demanda-t-il, l'innocence incarnée.

- Pourquoi lui as-tu envoyé une gomme en pleine tête ?

- Je n'ai pas aimé ses pensées, se justifia-t-il, enfin. Il pensait à toi de manière...

Il laissa sa phrase en suspend, trop dégoûté pour la terminer.

- Oh ! Fis-je, en comprenant aussitôt.

Nous ne dîmes rien d'autre sur le chemin, et nous nous quittâmes pour rejoindre nos vestiaires respectifs. Une fois habillée dans la tenue réglementaire, je le rejoignis sur le terrain. Il était déjà là, en tee-shirt et short (qui lui allaient à merveille) et je réalisais que c'était la première fois que je voyais réellement ses jambes découvertes (musclées, fermes et parfaites). Je ris de cette pensée idiote.

- Qu'est-ce qu'il y a ? S'enquit-il, en voyant mon drôle d'air.

Pas question de lui dire ce que je venais de penser. Il allait me prendre pour une folle.

- Je vais me taper la honte d'ici dix minutes, je le sens...

- J'en parie cinq, s'esclaffa-t-il, en regardant mes lacets défaits.

Je m'assis pour les nouer. Pendant ce temps là, le prof arriva avec des raquettes de badminton (oh non !) et se présenta. J'entendis Edward lâcher un « Ca risque d'être amusant ». Il en rigolait carrément d'avance ! Une fois que le professeur eut fini d'expliquer le programme, nous prîmes des raquettes et nous plaçâmes sur des terrains.

Edward jubilait littéralement. Je me renfrognais, et attendis qu'il serve. La frappe ne fut pas puissante. Une personne censée aurait pu aisément renvoyer le volant, mais je réussi l'exploit de rater la réception et de recevoir la balle en pleine face avant de m'étaler par terre après m'être emmêlé les jambes. Et tout ça en un seul swing.

- Ouille, lâchai-je.

- Tu est vraiment encore plus nulle que je le pensais, dit mon amoureux, en retenant tant bien que mal le fou rire qui manquait de sortir de sa gorge.

Je me relevai pitoyablement, et ce fut à mon tour de servir.

Je ratais tous mes tirs sauf un... qui envoya mon volant sur la tête d'Alex, à deux terrains de nous...



- Le pire cours de sport que je n'ai jamais eu ! Me plaignis-je une fois dans la voiture - les joues encore rouges à cause du sport.

- Moi, c'est le meilleur... S'esclaffa-t-il.

Il en riait encore... En tout cas, je préférais ce comportement à celui de midi...

- A fait, quelle excuse vas-tu inventer pour justifier notre très longue absence (de plusieurs années au moins) à l'établissement ?

- Et bien... Il y a eu un décès dans notre famille. Tout le monde est tellement attristé que nous devons les soutenir et nous avons choisi d'aller dans une autre école, plus proche...

- Ils vont gober ça ?

- Il suffit d'y mettre le ton, et d'avoir l'air triste, dit-il en me regardant.

Ses yeux à cet instant semblaient tellement affectés et affligés, qu'ils en fendilleraient le c½ur le plus dur - et il paraissait tellement sincère que je failli le croire moi-même.

- J'irais les voir après t'avoir déposé, ajouta-t-il.

A peine fut-il partit, que le téléphone sonna :

- Allô ? Fis-je en décrochant.

- Bella !

- Oh, Alice ! Edward vient de partir...

- C'est ce que j'attendais, justement...

- Alors... pourquoi m'appelles-tu ? Demandai-je, intriguée.

- J'ai vu..., Bella.

- Ma transformation, dis-je d'une voix calme.

- Oui ! Oh Bella ! J'espère que tu penses avoir fait le bon choix !

- J'en suis certaine...

- Mais, ce n'est pas le cas de Rosalie...

- Elle m'en veut ?

- Oui, avoua-t-elle. Mais, ne t'inquiète pas pour elle. Inquiètes-toi pour toi, plutôt. Tu te sens comment ?

- J'ai l'impression de flotter au dessus de mon corps. Je me rend difficilement compte que je vais
« mourir ». J'essaye de pas trop y penser, surtout à la douleur...

- Et Edward ?

- Il tient à peine sur une chaise.

- Tout ira bien, me rassura-t-elle. Enfin, le pire peut toujours arrivé, mais je reste confiante... En tout cas, toute la famille vous souhaite du courage à toi et Edward. Ce sera une épreuve. Autant pour lui que pour toi...

Puis, elle raccrocha, non sans me souhaiter bonne chance elle aussi.

Quand il rentra, Edward m'informa qu'il devait partir chasser. Ce qui était parfaitement compréhensible, dans la mesure où il allait devoir se charger d'un énorme travail. Eprouvant pour lui, peut-être mortel pour moi.
Je me rendais compte qu'à partir de la première morsure, ma vie ne tiendrait qu'à un fil. Si Edward venait à perdre la raison, je mourrai. S'il parvenait à se contrôler, je mourrai aussi. Seulement, dans ce cas là, je « renaîtrai » ensuite...

Je mangeai seule cette fois là, appréciant ce qui était mon dernier repas. Je pris le temps de laver mon assiette, ignorant le lave-vaisselle rutilant acheté il y a peu. Je la séchai soigneusement, et la remit dans l'étagère. Je regardai une dernière fois la cuisine qui ne me servirait plus, désormais. J'éteignis la lumière derrière moi...

Je pris une douche ensuite, nettoyant méticuleusement ma peau. Puis, une fois séchée, je mis mon plus beau pyjama, celui en soie, me brossai les dents et les cheveux. J'ouvris la fenêtre pour qu'Edward puisse passer, et me coucha dans le lit. Il m'avait demandé de ne pas l'attendre. Il en aurait pour un moment, chassant du gros gibier assurément. Du puma si ça se trouve... J'espérais que sa soif serait la plus comblée possible, pour que ce soit plus facile pour lui, que la différence soit infime ou non...
Une heure passa, je ne trouvais pas le sommeil, naturellement. Je pris le luxe d'avaler plusieurs cachets, et attrapa mon lecteur CD dans le tiroir de la table de chevet, en mettant le disque qu'Edward m'avait offert. La mélodie au piano me permit de me détendre, me berçant pendant que les comprimés faisaient peu à peu leur effet...



Je ne sais pas quel heure il était, mais je sentis vaguement des doigts frais enlever les écouteurs de mes oreilles.
Le ténor caressant d'Edward remplaça le piano.
Doux, tellement doux que ça ressemblait à un rêve...
Sa bouche sur mon front, sur mes cheveux, sur mes paupières... Sur mes lèvres...
Il ne cessât de chanter ma berceuse durant toute la nuit, - je l'entendais à travers mon sommeil, mes rêves - continuant même jusqu'au petit matin.
Sans s'en lasser...

Sans m'en lasser...

_____

Les choses deviennent maintenant sérieuses.( fini la rigolade xD).
Je n'est trop rien à dire sur ce chapitre...
Ah si ! Une chose, je tiens à vous rassurer, que moi aussi je serais tombée dans le piège du bonus avec le Twister, mon esprit peut être très pervers quand il le veut xD.
Merci beaucoup pour vos com's (j'en suis à 1300 O_o, c'est beaucoup pour moi xD)
Au prochain chapitre !

# Posté le mercredi 13 août 2008 08:18

At-Night-Fall • Chapitre 16 •

• At-Night-Fall • Chapitre 16 •
__Je me levais aux aurores. Mon ultime nuit avait été agréable, et j'en fus soulagée. Je vis à travers la fenêtre ouverte le soleil qui se levait lentement, ses rayons se faufilant entre les branches des arbres de la forêt. J'inspirai plusieurs fois l'air encore frais. L'odeur des pins chatouilla mes narines. Je souri, le c½ur et le corps en ataraxie. J'allais ensuite dans la mezzanine au-dessus de notre chambre et pris le temps de choisir mes vêtements. J'optais enfin pour une robe simple et blanche ¹, faite de plusieurs voiles en mousseline superposés. Puis, je me dirigeai vers la salle de bain, et m'habillai. Je brossais longuement mes cheveux, et essaya plusieurs coiffures. Après avoir lamentablement échoué (il n'y avait qu'Alice, Esmé et Rosalie pour réussir mes coiffures), je choisi de les laisser libres. Je revins dans la chambre, et fis le lit, lissant soigneusement la couverture au point de paraître maniaque. Je savais pertinemment qu'Edward était en bas faisant les cents pas, angoissé et agité comme il ne l'a jamais été à l'idée de ce qu'il allait bientôt se produire – beaucoup trop tôt pour lui.

N'ayant plus rien à faire, je descendis tranquillement les escaliers. Comme je l'avais prévu, il tournait en rond et s'arrêta quand je fus sur le palier. Dans son regard plus mordoré que jamais s'exprimaient deux sentiments, la peur et l'émerveillement. Il était clair qu'en une autre circonstance, il aurait adoré que je porte cette robe.

- Hum ! Fit-il.

- Quoi ? Il y a quelque chose qui va pas ? Demandai-je en me regardant.

- J'ai pensé que tu allais mettre une robe noire, dit-il avec un rire sans joie.

Je m'avançai vers lui, et lui caressa la joue. Immédiatement, sa main se posa sur la mienne tandis que ses iris d'une insupportable splendeur vrillaient les miens.

- Tu sais que tu peux encore faire marche arrière, Bella. Tu peux encore renoncer à connaître le crépuscule de ta vie, me dit-il en usant de ces intonations ahurissante de séduction pour me faire changer d'avis.

- Pourquoi attendre ? Je me sens bien et tu es avec moi, c'est l'essentiel.

- Tu ne veux pas au moins qu'il y ait Carlisle ? Il te donnera de la morphine...

- Je veux que ce soit entre toi et moi, simplement..., chuchotai-je en posant mon front sur son torse.

Il poussa un long soupir, et enlaça ma taille. J'aimais tellement être entre ses bras, et avoir le sentiment d'être en sécurité, que rien ne pouvait m'arriver. Nous restâmes plusieurs minutes ainsi, puis, je me tendis. Il compris car nous nous tournâmes vers la porte en un seul mouvement. Au plus grand étonnement d'Edward - lors d'une conversation que nous avions eu le soir de la rentrée – j'avais décidé de procéder à ma transformation dans la grotte. Je préférai largement ce lieu simple à notre maison surchargée de luxe.
Dans la partie la plus facile du chemin, je marchais, main dans la main avec Edward, qui ne me pressait pas pour une fois. La forêt était baignée par les rayons du soleil levant qui réchauffaient l'atmosphère. Je me mis a apprécier la chaleur sur ma peau découverte. Mes bras, mon cou, mon visage... Et m'imprégnais une ultime fois de la lumière qui parait la peau d'Edward d'étincelles couleur rubis.
Puis le chemin devint plus escarpé, mon amoureux me prit dans ses bras, m'enlaçant plus étroitement que d'habitude. Son visage était impénétrable, mais ses yeux exprimaient résignation, et anxiété.
Nous atterrîmes enfin dans la grotte. L'astre lumineux, plus haut maintenant, éclairait entièrement la cavité. Je remarquai alors qu'elle n'était pas aussi profonde que je le croyais.

Les battements de mon c½ur s'intensifiaient à mesure que le temps passait. Je regardais l'horizon, par-dessus la cime des arbres. Derrière moi, Edward murmura tout doucement :

- Tu as peur ?

- Ça serait mentir si je te disais que non, avouai-je.

Il y eut un long silence, qu'il brisa enfin.

- Tu sais, Bella. Je me suis promis de ne jamais te faire du mal. Pourtant, aujourd'hui, je vais devoir faire une exception... Mais je te jure que ce sera la dernière fois que je te blesserai. Aussi, j'aimerai que tu me promettes quelque chose.

- Oui ?

- Ne me quittes pas... Jure-moi que tu te réveilleras.

Par-dessus la crainte de me tuer, il y avait celle aussi de me perdre. Une vive émotion monta en moi.

- Je te le promets, Edward, murmurai-je de peur que ma voix tremble.

Je scellai la promesse d'un baiser. Puis inspira très longuement.

- Allons-y.

Je ne savais pas comment me mettre. Quelle position serait la mieux pour la morsure, pour lui ? Couchée ? Assise ? Je m'accroupi finalement devant lui. Il s'abaissa dans la même posture, le visage grave et tendu.

Sa main, tout doucement, se plaça sur mon cou. Mon c½ur palpita violemment dans ma poitrine et ma gorge vibra sous son contact. Son visage d'une intolérable beauté s'ajusta au-dessus du mien, et ses prunelles m'incendièrent une fois de plus. Il était tellement magnifique à cet instant que j'eus l'impression que ma passion pour lui augmenta encore plus - pour peu que cela fut possible, s'entend. Il croyait qu'il m'aimait plus que je l'aimais ? Impossible. Ça serait comparer une flaque d'eau à un océan...

Ses lèvres d'une incroyable douceur, se posèrent délicatement sur les miennes en un baiser voluptueux. D'une main légère, il caressa ma taille, l'autre frôlait du bout des doigts mon visage, s'imprégnant une dernière fois de sa chaleur qui s'évanouirait d'ici peu. Mes mains posées sur ses cuisses, tremblaient. Je détachai ma bouche de la sienne, et la colla tout près de son oreille, humant en même temps la merveilleuse odeur de son cou et de ses cheveux.

- Je t'aime ! Dis-je, en mettant tout l'amour dont j'étais capable dans ces trois mots.

Il recula mon visage pour me regarder. La peur de ses iris avait complément disparue, remplacée par une détermination féroce.

- Je t'aime aussi, mon amour, s'écria-t-il, avec la même passion.

Ses lèvres déposèrent un ultime baiser sur les miennes, très bref, et descendirent le long de mon menton, tracèrent la courbe de ma gorge. Il recula un peu. Sa main repoussa avec soin ma chevelure en arrière, et je sus que mon odeur plus tentatrice que jamais le faisait déjà salivait d'envie. Il agrippa fermement la racine de mes cheveux, tandis que sa l'autre paume me maintenait fermement la taille. Je n'avais plus aucune échappatoire. J'étais un oiseau pris dans le piège du serpent. Comme pour l'inciter à me mordre au plus vite, mon corps se cambrait de lui-même, découvrant à sa vue ma gorge attrayante. Mes doigts attrapèrent sa chemise et la serrèrent le plus possible. Je voyais ses yeux fixaient mon cou avec une fascination sans égale. Sa douce haleine glaciale frôla ma poitrine, et les battements de mon c½ur redoublèrent d'intensité. Lentement, il se pencha. Ses boucles cuivrées et soyeuses effleurèrent l'arrête de ma mâchoire, ses lèvres caressèrent la peau de mon cou. Je rejetais ma tête en arrière, fermant mes paupières et mordant mes lèvres presque jusqu'au sang.

Il y eut quelques secondes d'inaction où seul mon souffle bruyant et saccadé rompait le lourd silence.


Et je sentis la brusque morsure de ses dents acérées, tout prêt de ma jugulaire.


Le coup me surprit tellement qu'aucun son ne sortit de d'entre mes lèvres. J'avais les yeux clos le plus fort possible. La bouche d'Edward, proche de mon oreille, j'entendais le bruit de mon sang qu'il avalait à grandes goulées. La prise de mon bourreau se resserra. La tête me tournait. Je perdais un peu plus de ma vie à chaque lapée du vampire. Le manque de sang dans mon cerveau et dans mon corps ne tarda pas à se faire ressentir. Même, mon c½ur ratait des pulsations à cause de l'insuffisance d'hémoglobine.

Soudain, j'eu l'effrayante sensation que l'on enfonçait un couteau chauffé à blanc à l'endroit de la morsure, paralysant mon cou, bloquant mon souffle. Ce fût trop. J'avalais une grande bouffée d'air et hurlais, voulais échapper à la poigne d'Edward, essayant de me débattre, mais il me maintenait fermement. Pire, j'avais l'impression qu'il ne m'entendait plus. Chaque goutte de venin était un supplice pour mon corps, chaque goutte de sang était un délice pour son corps...

La souffrance ravivait mes sens au point que je sentais parfaitement le liquide vital coulait sur mes vêtements, ma peau. Je perçu même le faible clapotis des gouttes de sang qui s'écrasaient sur le sol rocailleux. Alors que la douleur insoutenable commençait à se répandre dans mon corps, des images – les plus fortes qui habitaient ma mémoire – me revinrent : mon arrivée à Forks, mon premier baiser, Volterra... Puis, j'entraperçu les visages de mes proches : Charlie, Renée, Angela, Jacob... Tous ceux que j'avais aimés, tous ceux à qui j'avais renoncé... Je continuais de m'époumoner. Cependant, je perdais du souffle, chaque battement de mon c½ur était de plus en plus douloureux, le mal qu'il engendrait se diluait dans celui qui me rongeait la nuque. Mes hurlements finirent par se perdrent dans ma gorge...

Une étrange révélation me gagna soudain. Edward allait me tuer. Sa véritable nature avait repris ses droits, il ne pensait pas à s'arrêter. Il était un vampire, j'étais sa proie. Il voulait tout mon sang, jusqu'à la moindre goutte. Dans un sursaut de désespoir, ma main tira faiblement sur le haut qu'il portait et je lâchai un seul petit mot dans un murmure de mourante : « Edward...».

Il parut m'entendre, car quelques secondes plus tard - interminables pour moi -, sa bouche se décolla de mon cou avec brusquerie. Alors je m'abandonnais totalement à la douleur. Mes doigts qui enserraient sa chemise lâchèrent prise, et je me sentis partir en avant. Mon front fiévreux rencontra son épaule. Mes mains retombèrent sur mes genoux. Je laissais le mal m'envahir, me ballotter de toutes parts...

Le feu irradiait mes veines plus ardent encore que je n'en cru possible. Aussi étrange fut-il, je compatis avec les prétendues sorcières, brûlées vives sur le bûcher au Moyen-Age. Les vagues de souffrance se soulevaient en torrents furieux, m'entraînant vers un océan de douleur.
Edward me tenait entre ses bras, et sa main caressait ma joue, mais cela ne fit qu'augmenter mon tourment. Le contact de sa peau sur la mienne me donnait l'impression d'être marquée à vif.

Mes hurlements avaient repris, coupant les paroles rassurantes de mon amoureux. D'ailleurs, je n'avais rien à faire des ces paroles. Elles me rappelaient sans cesse à la notion du temps. Mais tout ce que je voulais, c'était la perdre justement. Je ne voulais pas compter, les jours, voire les heures qui passaient... Parce que chaque seconde était un supplice...

Mon amoureux avait dit vrai. Qu'il y avait un moment où la douleur était tellement forte que l'on souhaitait mourir. Je voulais mourir. Mais je me rappelai amèrement la promesse que je lui avais faite, ce qui m'empêchait d'accéder au repos éternel. De plus, je me souvenais que si j'avais voulu affronter tout ça, c'était pour lui, pour mon mari... Il fallait que je sois forte. Le mal, lui, continuait de me rongeait. Je sentais chaque parcelle que le venin gagnait sur mon corps.

Puis, peu après que le poison eut atteint mes doigts de pied, le feu diminua d'intensité. Je crus d'abord que la transformation était finie, mais réalisa combien j'avais faux quand une langue froide - plus glaciale que le froid lui-même - lécha ma colonne vertébrale, me faisant hurler de douleur et arrêter de respirer pendant plusieurs minutes. Mes membres s'ankylosèrent, si bien que je n'arrivais plus à bouger, ni à me débattre. Alors, j'en appelai à la délivrance de l'inconscience, qui ne vint pas... Pour payer le prix d'une renaissance, il fallait tout endurer.

La conversion était un combat qu'il fallait réaliser seul. Même avec une présence à vos côtés, que l'on aime plus que tout ou non ne changeait rien. Il fallait marcher sur un chemin de feu, obstruait par des ronces aux épines aiguisées comme de couteaux, autour d'un paysage de glace. J'avais l'étrange impression qu'au bout de ce chemin fait d'obstacles, il y avait l'absolution, et la récompense suprême : Edward. Je devais allé au bout de cette voie, il le fallait.

Dans les limbes de la douleur, il n'y avait aucune notion du temps. Les secondes se confondaient en minutes, les minutes en heures, et les heures en jours ...

Les pulsations de mon c½ur dans mes tempes me donnaient l'impression que ma tête allait éclater. Je fus donc soulagée, quand ma myocarde s'arrêta. Le dernier bruit sourd de mon pouls résonna dans mes oreilles comme le gong d'une cloche, devenant au fur et à mesure, un faible écho...
Soudain, j'entendis une drôle de plainte qui perça les ténèbres qui m'entouraient. C'était son ténor. Je l'aurais reconnu entre mille, mais la souffrance qui émanait de sa voix à cet instant ne m'était pas familière, et pendant quelques secondes sa lamentation réussit à me fit oublier la douleur... Le gémissement se transforma en chuchotis, puis s'arrêta. Une dernière fois, je vis derrière mes paupières étroitement fermées, le visage d'Edward...

Bien que mon c½ur ne battait plus désormais, je vivais toujours. J'avais l'impression de flotter entre deux mondes. Je continuais de respirer, même si cela était très douloureux. Je n'entendais plus rien par contre.

Je ressentis un vague picotement au bout des doigts et remarqua avec un temps de retard qu'ils ne me faisaient plus mal. Je voulu les bouger, mais mon corps ne me répondait pas. Je décidais d'attendre.
Peu à peu, les fourmillements remontèrent le long de mes mains, de mes pieds. Chaque extrémité de mon corps cédait enfin à l'apaisement. Cependant, la glace me brûlait toujours, rongeant mon c½ur, comme un asticot un mort. Mes oreilles bourdonnèrent, et des sons me parvinrent flous d'abord, puis de plus en plus nets à mesure que le temps passait.

C'est alors que je perçus le plus merveilleux son qu'il m'eut été donné d'entendre : la voix d'Edward qui venait de murmurer mon prénom de son ténor subliminal.

Si j'arrivais à l'entendre, cela voulait dire que j'allais bientôt me réveiller ? Non ! Il ne fallait pas que je cède à l'espoir. Si ça se trouve, le mal m'accordait un instant de répit, et reviendrait à la charge, plus fort encore. J'entendis l'assaut violent de la souffrance, qui ne vint pas cependant. Même, la douleur elle-même se retirait peu à peu de mon torse. Nonobstant, elle démangeait toujours mon c½ur.

Edward murmura encore mon prénom. Il ne faisait que cela, répétant inlassablement les
« Bella, ma Bella » de sa voix de velours. Mes hurlements avaient cessés. Je respirais bruyamment et lâchai quelques petits gémissements encore quand la douleur de mon c½ur serrait celui-ci dans l'étau de ses mains de fer.

Puis, le mal disparut complètement, libérant mon corps, mon c½ur. Je ne sais combien de temps je restai à apprécier la sérénité que laissait place la souffrance. C'était si bon ! Je me croyais en ataraxie avant la transformation, mais là, c'était cent fois mieux.
Mes poumons se soulevèrent, m'apportant un tas d'odeur qui m'étourdirent un instant. Je cessais de respirer pendant plusieurs secondes, puis, reprit une inspiration. Cette fois, je parvins à séparer les arômes. J'identifiai le parfum boisé de la mousse sur les parois de la grotte qui elle-même avait une fragrance spéciale. Le vent m'apporta aussi l'odeur irritante de la fumée d'un feu de bois.

Et plus particulièrement son odeur, à la fois sauvage et tendre.

Ma bouche frémit, puis mes paupières. J'ouvris les yeux tout doucement...

_____

Gniahahahahahaha !
Mais que va-t-il se passer quand elle va ouvrir les yeux ?
Vous le saurez dans deux chapitre, car le chapitre 17 sera consacré à la transformation.
Mais du point de vue d'Ed'.
J'espère que vous avez aimé ce chapitre =)
Merci pour tous vos commentaires, ça me fait très plaisir, vraiment ^^.
¹ La robe de Bella : ICI

# Posté le mardi 19 août 2008 09:39

Modifié le vendredi 22 août 2008 08:49

At-Night-Fall • Chapitre 17 •

• At-Night-Fall • Chapitre 17 •
___Ma main se leva lentement, et enleva une mèche de cheveux qui barrait sa joue brûlante. A mon contact, elle frémit, sûrement à cause de la fraîcheur des mes doigts puis marmonna mon prénom. Je souris tristement. Voilà un spectacle que j'allais regretter quand elle deviendrai un... monstre, comme moi. Elle semblait si fragile quand elle dormait, le drap blanc innocent enroulé délicatement autour de son corps frêle. Bientôt, elle se changerait en vampire, son corps que je trouvais à l'instant vulnérable deviendra aussi dur et glacial que la pierre. Qu'importe. Elle restera ma Bella.
__Je pris sa main gauche posée négligemment sur l'oreiller, embrassa chacun de ses doigts puis la bague, gage de notre fidélité et de notre amour. Depuis plusieurs heures, je ne cessais de fredonner sa berceuse. J'espérais l'apaiser pour son dernier sommeil, lui épargner les mauvais rêves. Je remis sa main à son emplacement initial. Elle remua tout en marmonnant et sa tête bascula sur le côté, son visage à quelques centimètres du mien. J'attendis que son souffle redevienne régulier pour - encore une fois - enlever les cheveux qui m'empêchaient de voir sa magnifique figure.
__Ma main glissa le long de sa joue, souligna l'arrête de sa mâchoire, et s'arrêta sur son cou. Son cou si blanc, délicat comme une fleur, tellement fragile et atrocement tentant. Je voyais ses veines sous sa peau, chemins qui amenaient son sang - sa vie- partout dans son corps. Sous mes doigts, je sentais le pouls régulier de son c½ur qui me rappelait, encore et toujours, à ma véritable nature, chantant telle une sirène. Je secouai la tête pour chasser ces idées. Non. Il ne fallait pas que je divague sur son sang. Il fallait que je reste concentré sur ce qui allait arriver. Furtivement, j'enlevais ma paume de son cou et m'appliqua à chanter sa berceuse...

__Il était à peine l'aube quand je vis qu'elle commençait à s'agiter. Je décidais alors de quitter la chambre pour la laisser seule avec ses pensées, espérant encore qu'elle change d'avis. Je m'assis sur le canapé. Quelques minutes après, j'entendis le bruit sourd de ses pas sur le sol. Elle alla à la fenêtre, puis monta à la mezzanine pour redescendre dans la salle de bain. Grâce à mon ouie surdéveloppée, j'arrivais à percevoir le bruit de l'étoffe sur sa peau, son souffle qui s'échappait de ses lèvres à intervalle régulier, et le plus merveilleux bruit que je n'avais jamais entendu : celui des battements de son c½ur. Elle devait être un peu stressée car son rythme cardiaque était plus rapide que d'habitude. Elle revint dans la chambre, puis enfin descendit les escaliers.
__Je me levais prestement et je crus défaillir en la voyant. Elle était tellement belle dans sa robe blanche. Si... innocente. Elle était la pureté incarnée. Un ange... prêt à se déchoir. Je plantais mon regard dans le sien, y cherchant une once de doute, mais il n'y avait rien dans ses yeux chocolat à par la sérénité. Elle rougit tandis que je la dévisageais toujours aussi intensément.

- Hum, fis-je.

- Quoi ? Il y a quelque chose qui va pas ? Demanda-t-elle en se regardant.

- J'ai pensé que tu allais mettre une robe noire, ironisai-je.

Elle me scruta pendant un court instant. Elle lut certainement l'anxiété qui m'assaillait. Bella était très douée pour lire les expressions sur mon visage. Elle s'avança vers moi et sa main agréablement chaude effleura ma joue. Je posais la mienne dessus, appréciant ce contact. Ses yeux d'une profondeur sans égale se levèrent vers mon visage. Elle était tellement paisible. Savait-elle vraiment ce qui l'attendait ?

- Tu sais que tu peux encore faire marche arrière, Bella. Tu peux encore renoncer à connaître le crépuscule de ta vie, lui dis-je en essayant par tous les moyens de la convaincre.

Comme je m'y attendais - et têtue comme elle l'était -, elle secoua la tête.

- Pourquoi attendre ? Je me sens bien et tu es avec moi, c'est l'essentiel.

J'essayais de trouver d'autres arguments.

- Tu ne veux pas au moins qu'il y ait Carlisle ? Il te donnera de la morphine...

- Je veux que ce soit entre toi et moi, simplement..., chuchota-telle.

Son front brûlant se posa doucement sur mon torse, près de mon c½ur mort. Aurais-je été humain, il aurait violemment palpité. Je l'enlaçais derechef, protecteur. Nous restâmes plusieurs minutes ainsi jusqu'à ce que ces muscles se contractent. Alors, je me tournais vers la porte.
__Je veillais soigneusement à être le moins rapide possible sur le chemin qui menait jusqu'à la grotte. Quelque fois, je surprenais son regard sur moi. Je l'éblouissais ? Les tâches rouges alléchantes sur ses pommettes ne me mentaient pas, elles. Soudain, le nivelé devint plus abrupt, je pris ma femme dans mes bras, la serra contre moi, jouissant de chaque contact avec elle. Nous arrivâmes dans la grotte. Je déposai Bella prudemment et examina chacun de ses gestes, le moindre changement dans ses traits, le moindre froncement de sourcil. Après avoir brièvement regardé le fond de la grotte, elle se tourna vers l'horizon et s'y perdit dans la contemplation. J'aurais donné n'importe quoi pour savoir ce à quoi elle pensait à cet instant. Entre temps, son pouls grandit selon une courbe ascendante. Je m'approchais imperceptiblement d'elle :

- Tu as peur ? Susurrai-je.

- Ça serait mentir si je te disais que non, admit-elle.

Elle mordilla sa lèvre inférieure et retourna dans l'observation du panorama. Il y avait une chose que je devais lui dire, j'allais devoir briser une promesse que je mettais faite, il y a plusieurs années...

- Tu sais, Bella. Je me suis promis de ne jamais te faire du mal. Pourtant, aujourd'hui, je vais devoir faire une exception... Mais je te jure que ce sera la dernière fois que je te blesserai. Aussi, j'aimerai que tu me promettes quelque chose.

- Oui ?

- Ne me quittes pas... Jure-moi que tu te réveilleras.

C'était ma crainte suprême, la perdre... L'idée même de survire à sa mort m'était impassible. Je me rappelai des paroles d'Heathcliff dans les Hauts de Hurle-vent : Je ne peux pas vivre sans ma vie ! Je ne peux pas vivre sans mon âme ! Sur ce point, j'étais d'accord avec ce personnage...

- Je te le promets, Edward, murmurai-t-elle dans un souffle.

Elle se retourna, se mit sur la pointe des pieds et scella sa promesse.

- Allons-y.

Je serrais les dents. Elle s'accroupit à même le sol, les lèvres étroitement serrées. Je me mis dans la même position, et plaça ma main sur son cou. Son c½ur eut un raté avant de reprendre sa course effrénée. Elle me vrilla de son regard et me dévisagea pendant un moment. Je vis passer un sourire furtif sur son visage.
__Dans ses yeux, brillaient mille étoiles. Toutes étincelantes et tellement belles. Mais je savais pertinemment qui si neuf cent quatre-vingt dix-neuf d'entres elles m'étaient destinées, il y en avait une –une seule – petite, insignifiante mais qu'on ne pouvait ignorer et qui existé malgré tout. Une étoile qui brillait pour Jacob Black...
Au fond de moi, j'espérais un jour que cet astre s'éteigne, car tant qu'il existait, j'avais le sentiment que Bella n'était pas encore à moi, pas entièrement.
__Mes yeux descendirent le long de sa joue, jusqu'à sa bouche. Je fixais le rouge de ses lèvres - alors que tout sur elle était rigoureusement blanc - atrocement séduisant. Je me penchais alors et l'embrassa. Ma main glissa le long de sa taille, et je l'attirais plus à moi, mon autre paume tenant son menton. Elle avait posé ses doigts sur mes cuisses, et je les sentis trembler. Sa bouche quitta la mienne brusquement, et elle enfoui son visage dans mes cheveux :

- Je t'aime ! Dit-elle avec ardeur.

Je repoussais doucement son visage pour le regarder.

- Je t'aime aussi, mon amour, m'écriai-je sur un ton aussi intense

Oh oui, je l'aimais ! Plus que tout au monde, plus que ma vie... J'endurerai tout pour elle, j'exaucerai n'importe lequel de ses v½ux pour la rendre la plus heureuse possible. Elle était mon monde, ma raison de vivre... Je l'embrassais une dernière fois, puis, mes lèvres parcoururent son menton, sa gorge. Je mis ses mèches derrière son épaule. Je ne devais pas la tuer...Indubitablement son odeur me frappa comme un coup de fouet. Le monstre en moi – le prédateur aux yeux rouges – ronronna d'avance en pensant au goût de son suc vital. Déjà, ma bouche était remplie par le venin qui coulait à flot, mon gosier était sec et mon ventre réclamait qu'on le nourrisse. Je ne devais pas la tuer...J'agrippai la racine de ses cheveux et maintint solidement sa taille. Elle saisit ma chemise entre ses doigts chétifs et rejeta la tête en arrière en fermant les yeux. Je ne devais pas la tuer...Son cou blanc et délicat m'appelait en une invitation irrésistible et son c½ur chantait une agréable chanson. Je ne devais pas la tuer...Ma tête s'inclina et je déposais mes lèvres de givre sur sa gorge. Le monstre tapi au fond de mon être tremblait de tous ces membres, prêt à passer à l'attaque. Seule le souffle saccadé de Bella rompait le silence... Je ne devais pas la tuer...

__J'enfonçai alors mes dents dans son cou. Sa peau était si fine, qu'il me suffit d'une petite pression pour percer son derme. Immédiatement, le sang coula abondamment dans ma bouche. Et quel sang ! Le goût de l'Interdit et du péché était tellement exquis ! Sans m'en rendre compte, je resserrais mes bras autour de son corps frêle. Ma résolution spirituelle se perdit dans les affres de l'oubli. Brusquement, ma proie hurla, et tenta de se débattre. Malheureusement pour elle, il était impossible de quitter les bras d'un prédateur tel que moi. Surtout maintenant. Pas question qu'elle s'en aille, son sang était trop délicieux. Le monstre que j'étais ne la lâcherais pas tant que je n'aurais pas tout son sang, toute sa vie. Ma proie sembla se calmer, comme résignée à son destin inéluctable. Je sentais son souffle erratique contre mon oreille, tellement bas, tellement faible... Tellement proche de la mort. Insignifiant.
Ma victime eut un soubresaut. Elle rendait son dernier souffle ? Quelque chose tira ma chemise mais je ne voulais pas savoir quoi et je m'en fichais.

« Edward...».

Edward ? Cela me disait quelque chose. Un nom... Mais à qui appartenait-il ? A moi ? Oui... C'était mon prénom... J'eu soudain conscience de ce qui se passait. Je me vis brusquement en train de la tuer... La retenant dans une étreinte mortelle. Cette vision me répugna. Je me répugnais. N'étais-je donc pas capable de retenir le monstre qui m'habitait ? Instantanément, je tirais ma tête en arrière. Le prédateur en moi rugit de fureur. Bella semblait avoir perdu connaissance car elle n'ouvrit pas les yeux. Elle souffrirait déjà beaucoup. Son front était déjà constellé de perles de sueur. J'essuyais les gouttes, elle hurla, comme si mon simple contact était une souffrance à lui seul.

- Courage, mon amour, lui dis-je, en resserrant mon étreinte.

Elle ne répondit pas, même, ne sembla pas m'écouter et continua de s'époumoner. Je me mordis violemment la lèvre. Je savais parfaitement ce qu'elle ressentait, je la comprenais, mais je ne pouvais rien y faire. J'aurais tellement voulu pouvoir endosser sa douleur, mais c'était impossible. Et je devais continué à la regarder se battre seule, sans aide... Un spectacle intolérable.
__Elle ne cessa de hurler pendant deux jours. Deux jours qui m'avaient semblé interminables. Je n'arrêtais pas de lui parler. Je lui promis que l'on partirait faire un vrai voyage de noce un fois qu'elle contrôlerait sa soif. Je lui racontais des petites anecdotes sur notre famille, notamment le jour où Emmett avait été travesti en fille. Je lui décrivais ma vie peu après que je sois devenu un vampire. Je ne devais pas m'arrêter, il fallait qu'elle sache que j'étais toujours présent, à ses côtés...

- Renais, ouvre les yeux, ou je vais mourir avec toi ! ¹ Murmurai-je soudain, en pensant aux paroles de Lady Capulet...

Son c½ur battait de moins en moins vite et de moins en moins fort. Je devais tendre l'oreille pour écouter ses pulsations. Je savais pertinemment que l'heure était arrivée. Je profitais donc des derniers instants, m'imprégnant encore une fois de ce bruit si familier.

Boum...Boum...



Boum...

C'était le dernier, l'ultime. Brisant l'image de la Bella humaine. Une douleur aiguë me traversa et je ne pu m'empêchais de poussais une plainte déchirante pour essayer d'évacuer ce mal. Bella parut tressaillir et arrêta même de crier. Je me rappelais soudain que je n'étais pas le seul à souffrir. Ma lamentation s'étouffa peu à peu, puis s'arrêta.
__A la tombée de la nuit, j'eus la surprise de sentir l'odeur de Carlisle. Quelques instants plus tard, il entrait dans la grotte, sa sacoche à la main. Il posa sa main sur mon épaule, et je reculai de Bella à contre-c½ur pour qu'il puisse l'examiner.

- Sa transformation semble se passer normalement, diagnostiqua-t-il. Depuis combien de temps son c½ur s'est-il arrêté ?

- Il y a un peu plus quatre heures.

- Comment s'est passée la morsure ?

- J'ai... j'ai failli ne pas m'arrêter, avouai-je en baissant les yeux.

Carlisle ne fit aucun commentaire, et je l'en remerciais intérieurement.

- Souhaites-tu que je reste ?

- Non, j'aimerais être seul avec elle.

- Bien. Appelle-moi au moindre problème.

Et il partit. Je repris tendrement ma belle dans mes bras, caressant sa joue, ses bras. Déjà, son teint était plus blafard et sa peau avait considérablement perdu de sa chaleur maintenant que son c½ur était mort. Les cris de Bella s'espaçaient de plus en plus. Peut-être que ses mains ne lui faisaient déjà plus mal.
__Le soleil du troisième jour se leva paresseusement... J'attendais impatiemment, mais anxieusement qu'elle se réveille. Des questions commencèrent à envahirent ma tête. Et si elle ne m'aimait plus ? Si à peine transformée elle me quittait pour jouir de sa nouvelle vie ? Et si elle regrettait soudain ? Je mis ces interrogations de côtés. Pour l'instant Bella souffrait encore. Il fallait que je continue de la soutenir.

- Bella, ma Bella, chuchotai-je, espérant qu'elle m'entendait.

L'aube du quatrième jour pointa derrière l'horizon. Bella était relativement calme. De temps en temps, elle gémissait ou exhalait bruyamment. Soudain elle arrêta de respirer. Je m'en rendis compte car j'avais adapté ma respiration à la sienne. Une, deux, trois minutes passèrent avant que ses poumons ne se regonflent doucement. Mes yeux étaient alors rivés sur ses paupières qui frissonnèrent avant de s'ouvrir...

_____

¹ Acte IV, scène V – Roméo et Juliette.
Transformation bouclée !
Prochain épisode : Bella en vampire.
Mais comment va-t-elle réagir ?
Quelle va être la réaction d'Edward ?
Et celle des autres ?
La boite de cassoulet va-t-elle enfin être ouverte ?
Tout ça dans le prochain chapitre xD

Je suis un peu déçue que le titre français de Breaking Dawn soit « Révélation ».
Bon, y'a pire, comme y'a mieux. J'aurais bien aimé « Imprégnation », ou « Damnation » mais chacun ses goûts, évidemment =)

Rappel : Aucun spoiler sur BD, please !

# Posté le mercredi 27 août 2008 09:06