- Hum, commençai-je en m'éclaircissant la gorge. Je voulais d'abord vous remercier d'être venu. Particulièrement ceux qui ont fait le déplacement depuis Ph½nix, Jacksonville...ou encore d'Alaska.
Tanya acquiesça.
- Je voulais annoncer également qu'Edward, mon... époux (les mots ses perdirent dans ma gorge) et moi pensions profiter de notre lune de miel pour déménager à Juneau, la ville où se trouve notre futur université.
Mon père à ma droite se crispa. Je fis de même - inconsciemment. Me tenant toujours la main, Edward traça des cercles avec son pouce pour me détendre.
- Nous partirons dans quelques jours. Je profiterais donc de ce mariage pour faire mes adieux à certains... Mais je n'oublierai pas de vous donner de mes nouvelles ! Ajoutai-je précipitamment. Merci.
Je m'assis, les jambes flageolantes et le sang battant mes tempes.
- Tu nous manqueras Bella, s'écria une voix d'homme.
Je levais la tête et reconnu Seth, accompagné de sa mère et de sa s½ur. Je remarquais alors que personne ne semblait déçu de mon discours. Certains approuvèrent les paroles de Seth. Tous ne semblaient pas horrifiés, contrariés ou dépités comme je m'y attendais.
- Ils semblent plutôt bien digérer la nouvelle, me murmura Edward. Laisse-moi faire pour la suite.
Ce fut à son tour de se lever. Je lançais un coup d'½il à Charlie. La couleur violette s'estompait peu à peu de son visage pour revenir au rose. Il regardait dans le vide. Je caressais son bras. Il ne s'en rendit pas compte.
- Papa ?
- Hein ? Ah Bella !
- Ne m'en veux pas. J'ai fais mon choix. De plus, tu m'avais demandé de te prévenir si je m'en allais. Tu te souviens ? Demandai-je d'une voix douce pour éviter de le brusquer.
- Oui. Tu es devenues si indépendante maintenant. Le mariage, l'université... J'ai l'impression que c'était hier encore où je te tenais au creux de mes bras.
Je lui frottais le dos, écoutant Edward qui parlait, remerciant nos amis, familles. Promettant aussi un futur heureux etc....
Des serveurs apportèrent d'immenses chariots, servant les invités tour à tour. Edward, embrassa ma joue en se ressayant.
- Je t'aime, tu es magnifique, me dit-il de son irrésistible ténor.
- Moi aussi, je t'aime.
Quand se fut à lui, Edward demanda le moins de nourriture possible, prétextant un manque d'appétit. Je me rendis compte que moi, j'avais une faim de loup – n'ayant pas manger le matin. Amusé, mon... mari (Il me faudra – apparemment – un bon moment avant de m'habituer), me regarda manger. Il attrapa ma fourchette, et prit un morceau de nourriture qu'il déposa sur ma langue. Il rigola, et attrapa mon menton, essuyant un peu de sauce au coin de mes lèvres avec son pouce. Je n'étais pas tellement habituée à ces attitudes mais elles ne me déplaisaient en rien, je le laissé donc faire.
A l'heure du dessert, un cuisinier apporta la plus grande pièce montée que je n'avais jamais vue de ma vie. Un énorme gâteau blanc à plusieurs étages, nappé de crème et décoré de fraises. Comme la tradition exigeait que se soit les mariés qui le coupent, je voulu m'emparer du couteau, mais Edward me prit de vitesse :
- Tu ne me crois pas capable de le découper ? Demandai-je, piquée au vif.
- Je ne voudrais pas que tu te blesses, se justifia-t-il avec sa moue au coin des lèvres auquel je ne résistais pas.
Il faisait sûrement allusion à mon dernier anniversaire où Jasper avait failli me tuer... Je tressailli, mais le laissais comme-même réaliser la tâche...
Après avoir servi tout les convives, on retourna nos places, une part de gâteau dans la main, je pris un fraise et la regarda avec insistance :
- Il faut que la savoure. Si ça se trouve, c'est la dernière fois que j'apprécierai de manger mon fruit préféré.
Il me vrilla de son regard incandescent derrière ses longs cils noirs, et j'y décelé une lueur de tristesse, ce qui me fit regretter mes paroles aussitôt. Il tenait tellement à ce que je reste humaine.
- Pardonne-moi, murmurai-je.
Il secoua le menton.
- Te pardonner de quoi ? Il ne faut pas t'interdire certaines phrases pour moi...
Il me sourit, mais son regard était toujours circonspect.
Après le repas, je pris le temps de parler avec mes invités, Edward collé à moi - une main autour de ma taille. Encore une fois, Tanya vint nous voir, elle avait le nez plissé et ses prunelles étaient prudentes.
- Ce garçon et sa famille là-bas, dit-elle en désignant Seth, ont une odeur bizarre et forte.
- Ce sont des loups-garous, lâcha Rosalie en arrivant.
La surprise se peignit sur le visage de Tanya. Le mien était horrifié, et Edward fusillai sa s½ur du regard.
- Des loups-garous, marmotta la jeune femme d'Alaska.
Son ton avait prit des accents veloutés qui me donnèrent des frissons. Pas de peur, mais plutôt d'anxiété pour Seth. Une voix à l'intérieur de ma tête me disait qu'il n'aurait pas fallu lui avouer la vérité. Esmé appela Tanya, qui en profita pour s'éclipser, le visage indéchiffrable.
- Je suis désolée, s'excusa Rosalie, je n'aurais pas dû.
- C'est le mot, siffla Edward. Ses pensées ne semblent pas hostiles cependant. Mais j'aurais préféré ne pas lui apprendre cette nouvelle.
- Ils ont toute notre confiance, je croyais bien faire de les prévenir, répliqua sa s½ur.
Ses yeux étaient chagrinées. Elle s'en voulait sincèrement. Je lui pris la main. Comme moi, elle fut étonnée de mon geste.
- Le mal est fait, mais je ne t'en veux pas, Rosalie. Au fait, mes anciens amis de Ph½nix ont l'air de te trouver à leurs goûts, plaisantai-je pour détendre l'atmosphère.
Elle me sourit. Emmett arriva.
- Qui regarde Rosalie ? Demanda-t-il avec une fausse colère.
Il attrapa sa compagne par la taille et l'embrassa sur la joue.
- Viens Rose, rentrons dans la maison. Il faut qu'on soit aux premières loges pour voir Edward et Bella danser, je ne veux surtout pas en perdre une miette, rigola-t-il en me lançant un clin d'½il.
Il s'éloigna avec la jeune blonde tandis que ses paroles s'insinuait - tel un poison - dans mon cerveau. « Le bal ! Oh malheur... m'écriai-je dans ma tête. Je l'ai oublié !». Il fallait que je trouve une parade pour éviter de danser. Inutile de demander à un des Cullen à me casser quelque chose.
- A quoi penses-tu ?
La voix d'Edward me tira de mes pensées. Je ne répondit rien, cherchant encore un moyen de me défiler. Mon amoureux scruta mon visage quelques minutes avant de s'esclaffer. Ses dents étincelèrent sous l'effet des faibles rayons de soleil qui perçaient la couverture nuageuse.
- Tu n'as pas envie de danser.
- Non.
- Pourtant Alice, t'a apprit les bases, il me semble. Rigola-t-il, en me regardant tendrement.
- Il n'y avait que elle et moi. Aucun risque qu'on rigole de moi, si je lui marchais sur les pieds ou me trompait dans le tempo. Ripostai-je, en frissonnant.
- C'est de ça que tu as peur ? Tu as failli mourir plusieurs fois, et tout ce qui t'inquiète c'est de danser devant du monde.
- Tu connais ma maladresse...
- S'il te plait ?
Il prit mon visage entre ses doigts et plongea ses yeux dans les miens (Je trouvais qu'il le faisait trop souvent à mon goût). J'oubliais de respirer, et me perdais dans la lave embrasée de ses iris. Je secouai la tête afin de m'éclaircir l'esprit, reprenant mon souffle au passage.
- Tu es impossible ! Cédai-je, en poussant un soupir de résignation.
Il me tendit la main, triomphant, que je pris en boudant. Il m'entraîna alors dans le salon des Cullen. Il y avait assez de place pour que les convives puissent s'installer autour de la piste. Nous fûmes même applaudi tandis que nous nous installions au centre. Il y avait trop de monde, ça ne me plaisait pas. Edward serra ma taille, je m'accrochais à son épaule. Mon c½ur avait perdu toute mesure, et j'étais certaine que les vampires présents l'entendait parfaitement.
Je remarquai alors l'orchestre qui se tenait sur l'estrade qu'occupait le piano, avant. Ils se mirent a jouer un air lent, une valse. Edward commença à bouger. Je le suivit avec peine, tâchant de me souvenir des conseils d'Alice, mais rien ne me vint à l'esprit. Rien, sinon le rien. J'avais l'esprit vide.
A ma grande honte, je lui écrasait le pied. Je vis sa joue tressaillir, comme s'il retenait un rire. Détournant un instant le regard, je vit Alice qui secouait la tête, désespérée.
Carlisle intervint avec Esmé - à mon grand soulagement. Ils se mirent à valser avec une élégance qui dépassait le réel, suivit par Rosalie et Emmett et enfin Alice et Jasper. Leur grâce était telle qu'une danseuse étoile aurait damné son âme pour atteindre ne serait-ce que leurs chevilles.
La minute d'après, plusieurs autres couples envahirent la piste. Je fus apaisée quand je vis qu'Edward et moi n'étions plus l'attention des regards, j'en profitais pour ralentir le rythme. Je posais mon front sur son torse en soufflant, il embrassa mes cheveux tandis que murmurais :
- Vivement que tous ça se finisse...
Maintenant que nous n'étions plus les seuls à danser, j'acceptais d'autres valses avec Edward. Il avait glissé ses pieds sous les miens ( Il avait pas mal avec mes talons aiguilles ?), comme lors du bal de notre première année. Au fur et à mesure, la musique de l'orchestre fut remplacé par des airs plus libres, qui convenaient plus aux jeunes.
Une seule fois, le bal fut interrompu par le photographe qui nous demanda d'aller dehors pour les clichés. Après les photos de groupe, il nous prit - Edward et moi - à part. Les invités retournant au salon. J'essayais de faire mon meilleur sourire, consciente qu'Edward attirerait toute l'attention une fois les photos sur papier glacé.
- Les photos seront retouchées avant d'être envoyées, s'exprima le photographe, tandis qu'il réalisait un autre portrait de nous.
La phrase m'était directement adressée. Il n'y avait rien a retouché sur Edward.
A mon grand soulagement, il partit enfin et semblait assez satisfait de lui.
J'en profitais pour m'éclipser avec mon compagnon, et passais la fin de l'après-midi, dehors, dans ses bras, nos doigts entrelacés. Nous n'avions pas besoin de parler.
Alice sortit dehors, et alluma bougies et lampes. Le jardin, déjà magnifique, semblait encore plus irréel.
Le repas du soir se fit dans l'enjouement et la rigolade. Au détour d'une conversation, je demandais à Edward, où les invités logeraient, et je fis les yeux ronds quand il me dit qu'ils avaient louer un hôtel. Je ne tentais même pas de calculer le prix.
« Ta famille logera ici, bien sûr, avait-il rajouté. »
La maison se vida peu à peu, seuls resta les Cullen, ma famille désormais, et mes parents (sans oublier Phil).
Je les accompagnais jusqu'à leur chambre ( Renée s'extasia devant la décoration de la sienne). Alors que j'allais refermer sa porte, Charlie me héla, il évita de me regarder comme lorsqu'il était gêné :
- Tu dors avec Edward ? Me demanda-t-il, l'air de rien.
- On est marié, ça ne serait pas normal que l'on fasse chambre à part. Dis-je, surprise et méfiante.
- Alors...Ne faites pas trop de bruit, Marmonna-t-il.
- Papa ! M'offusquai-je.
A court de mots pour exprimer ma colère, je lui claquais la porte au nez, et redescendis l'escalier, les joues brûlantes. Edward arriva, et dans son regard, je vis qu'il avait entendu la conversation. Son sourire tordu sur les lèvres montrait qu'il s'empêchait de rigoler. Il ne fit aucun commentaire, cependant.
- Vous voulez que je vous aide ? Questionnai-je à mes s½urs.
- Bien sûr que non ! Va te coucher ! Je ne veux pas me retrouver face à un zombie demain, s'exclama Alice.
- A demain alors... Marmonnai-je.
Esmé me serra dans ses bras, visiblement très heureuse. Je montais dans la chambre d'Edward, tandis que lui me suivait, silencieux. Avec un soupir de bien-être, je m'étalais sur le lit.
- Tu n'enlève pas ta robe ? S'enquit, très doucement.
- Je suis trop fatiguée...
- Ni pense même pas ! S'écria Alice, en déboulant dans la pièce.
Elle voulu me tirer en arrière. Edward l'empêcha.
- Toi, pousses-toi, grogna-t-elle.
Elle repoussa son frère, et me tira vers la salle de bain, refermant violemment la porte. Je me mis debout à contre-c½ur, et la laissée enlever la robe. Je mis rapidement mon pyjama. Encore irritée, Alice me tendit une lingette mouillée.
- Démaquilles-toi, m'ordonna-t-elle, en défaisant ma coiffure.
J'obéis. Après qu'elle eut finit, je me brossais les dents et me tournais vers elle.
- Je peux me coucher maintenant ?
- Mouais...
- Bonne nuit.
- Bella !
Elle m'attira à elle, et me serra dans ses bras. Toute trace de colère avait disparue.
- Je suis contente que tu fasses partis de notre famille, maintenant .
- Moi aussi, Alice, répondis-je en embrassant ses cheveux.
Elle partit ensuite hors de la chambre, tandis que je me glissais dans le lit aux couvertures dorées. Edward me cala contre son torse musclé. Je levais la tête et embrassais sa mâchoire froide. Je me redressais un peu, pour atteindre ses lèvres. Il enroula ses bras plus étroitement autour de ma taille, m'attirant encore plus à lui tandis que j'agrippais sa nuque. Ses lèvres étaient avides, tout comme les miennes. Sa bouche glissa le long de ma mâchoire, et traça un chemin jusqu'à ma gorge. Mon c½ur battait douloureusement dans mes côtes. Hélas, trop tôt à mon goût, ses lèvres quittèrent ma peau.
Je voulu protester, mais la fatigue me gagna tout d'un coup. C'était le contrecoup du stress de ce matin sans aucun doute. Je me roulais contre la musculature d'Edward, qui m'appartenait désormais.
- Dors, Bella Masen Cullen, murmura Edward si bas, que sa voix se fondit dans la tranquillité de la pièce.
- Ça fait bizarre, dis-je en grimaçant.
- Tu t'y habituera avec le temps...
- Oui...Répondis-je, séduite par les années à venir avec lui.
Il chanta ma berceuse, et je ne tardais pas à m'endormir, sereine.
La journée est enfin passée pour Bella, à son grand soulagement xD
Merci beaucoup pour vos nombreux commentaires, ils me font tous très plaisirs.
J'espère que vous avez aimé ce chapitre.
