__Dans mon rêve, j'étais en robe de mariée, dans la forêt de Forks. J'aurais –en effet- reconnu entre mille les arbres couverts de cette mousse verte typique de la région. Il faisait nuit, et les rayons de la lune filtraient à travers le couvert végétal. Il y avait Jacob, transformé. Son pelage brun-roux flottait avec le vent, incarnation de la douceur, mais tellement contradictoire à ses yeux noirs qui me fixaient avec une lueur de reproche. Sans un bruit ou un signe qui pouvait le prévenir, l'énorme
loup-garou bondit dans la forêt.
Je marchais quelques pas et tendit la main, vers le vide qu'il avait laissé...
- Bella, debout ! Me cria Alice de son soprano, en tirant les draps.
- Laisse moi
mourir...
- Allons, ce n'est qu'un mariage !
- Justement...
« Adieu
Las Vegas » pensai-je avec un soupir tandis que la s½ur d'Edward me tirait hors du lit avec sa force monstrueuse.
Avec toute la mollesse et le peu d'enthousiasme dont j'étais capable, je traînais des pieds jusqu'à la salle de bain.
Sous l'eau chaude, je pensais à mon rêve. Depuis que Jack était partit, il m'arrivait de rêver de lui. A chaque fois, j'espérais le retenir, sans y parvenir cependant.
Mais, je ne pouvais pas lui en vouloir d'avoir fui. Il n'y avait pas de
futur possible entre nous...
A peine douchée, Alice m'entraîna dans sa salle de bain à elle et m'assit sur le même siège qu'hier. Alors qu'elle me brossait les cheveux en longs mouvements, Esmé arriva avec un plateau chargé de nourriture.
- Bonjour ma chérie, prête pour le grand jour ?
- Absolument pas avouai-je. Où est Rosalie ?
- Elle installe les fleurs que l'on a reçu ce matin.
Il fallut peu de temps - malgré la complexité de la coiffure - à Alice pour finir. Elle m'avait fait des anglaises qu'elle avait rabattues en chignon.
¹ Le résultat était époustouflant, et je ne doutais pas un seul instant qu'il aillait être encore meilleur une fois que je serais en robe de mariée. Je picorais dans mon plateau, indifférente à ce que je mangeai. Alice me maquilla (je lui avais demandé de faire quelque chose de léger), puis m'aida à enfiler la robe, sans omettre le fameux corset, qui heureusement ne me m'empêchait pas de respirer, contrairement à l'idée que je m'étais faite. Esmé et Rosalie étaient revenues, et semblaient satisfaites de l'ensemble.
J'inspirai profondément avant de me tourner vers le miroir. Aucun mot ne me vint, jusqu'à ce qu'Alice, agacée, brise le silence :
- Allons, Bella ! Dis nous ce que tu en penses !
- Tu es fantastique Alice. Merci également Esmé, Rosalie, pour ce que vous avez fait.
Je leur fit un sourire timide auquel elles répondirent par un grand, dévoilant leurs dents extra blanches comme dans les pubs pour dentifrice. Me prenant le bras, Alice m'entraîna en bas. Les vases débordaient de fleurs blanches, roses, rouges. Un coup d'½il à la fenêtre m'informa qu'il ferait chaud, avec des nuages toutefois. Esmé se matérialisa à mes côtés en me montrant la boîte à chaussures
maudite dont je me serais bien passé. Je soulevais les pans de ma robe, et m'essayait sur une chaise pour les enfiler.
- Oh ! Bella, regarde ton bouquet ! S'exclama Esmé.
Je prit la gerbe de fleurs, et remarqua qu'il était composé de freesias roses et blancs
².
- Laisse-moi deviner, c'est Edward, non ?
- Oui ! C'était juste l'unique condition qu'il m'a imposée, expliqua Alice.
« Edward, tu es vraiment adorable » pensai-je avec un sourire, tout en sentant le bouquet. Les filles allèrent se changer. Je patientais. Mon esprit était soudain embrumé, drogué. Je regardais l'horloge.
13 Juillet, 9 heures 56. Les invités étaient sûrement tous arrivés. Mes mains tremblaient. J'avais peur...
Les filles étaient superbes. Toutes vêtues de blanc. Rosalie arborait une robe à fourreau, celle d'Esmé s'évasait autour de ses mollets, tandis qu'Alice portait une toilette qui montrait ses magnifiques jambes.
C'est alors qu'elles me regardèrent, toutes, intensément, leurs yeux ors plantés dans les miens comme si elles cherchaient quelque chose. On pouvait assurément lire la peur dans mes prunelles, cependant ce n'est pas ce qu'elles désiraient trouver apparemment.
Je me sentis vaguement gênée d'être fixé ainsi, mais d'un signe de tête, Alice, dégoûtée, me désigna la porte. Fronçant les sourcils (car je connaissais cet air), je l'ouvris à la volée, et vit Billy Black, dans sa voiture, accompagné de Sam qui conduisait :
- Billy, commençai-je. Il y a un problème ?
- Je suis venue te dire que je ne pourrais pas venir à ton mariage. J'ai eu un... problème.
- C'est grave ?
- Non, non. Cependant, je voulais comme même t'offrir mes v½ux de bonheur et de... réussite pour ce que tu entreprendras (Il plissa le nez. Lui comme moi savait le double sens de sa phrase).
- Merci. Vous avez des nouvelles de Jacob n'est ce pas ?
- Il est au Colorado.
- Il va bien ? Demandai-je, soudain inquiète.
- Je crois, il a juste demandé à ce qu'on vienne le voir.
- Pourquoi ne revient-il pas ici ?
- Je ne crois pas qu'il le veuille...
Son ton était froid, sec. C'était à cause de moi qu'il était partit, et je le savais que trop bien.
- Vous lui direz que ce n'est plus la peine de fuir. Je pense partir juste après mon mariage. On ne vous gênera plus, dis-je avec amertume.
- Je lui ferais savoir... (il me scruta un moment avant de reprendre) Adieu Bella, j'espère que tu n'auras pas de regrets.
- J'ai choisi ma voie depuis longtemps, dites-vous que ce que je ferais a été mûrement et longuement réfléchi. Adieu Billy, occupé vous bien de Charlie, s'il vous plaît.
Ma voix avait été claire et assurée, Billy hocha la tête et la voiture s'éloigna dans l'allée. Je me retournai vers le perron, Alice et Esmé étaient déjà sorties, le visage indéchiffrable.
Une autre voiture arriva, Rosalie au volant et je regardais l'engin quelques instants avant de m'offusquer :
- Qu'est ce que ce machin ?!
- Ben, la voiture, dit Alice, surprise. C'est une Audi R8
³. On l'a acheté juste pour l'occasion.
- Quoi ?! Vous faites vraiment trop de folies !
- Monte Bella !
Je secouai la tête, mécontente puis m'assis à l'arrière. Malheureusement, mon stress était réapparu, et ne fit qu'augmenter quand je vis la petite église de Forks qui se dressait devant le pars brise. Les portes du hall, ouvertes, semblaient n'attendrent que moi. Esmé m'ouvrit la portière, l'air grave. Je descendis tant bien que mal, gênée par la robe et mes jambes qui tremblaient. Je montai les marches avec une lenteur évidente. Charlie était déjà là, dans son costume trop petit, aussi nerveux que moi.
- Bella ! S'écria-t-il en nous voyant.
Il me prit maladroitement dans ses bras, ne voulant pas froisser ma robe sans doute. En reculant, il mit ses mains sur mes épaules et me considéra longuement.
- Ça va bien se passer, murmura-t-il simplement.
Je hochais la tête, guère convaincue. Esmé, Rosalie partirent en m'adressant un sourire encourageant. Alice s'avança vers moi :
- Je vais prévenir la salle de ton arrivée. Dès que la musique retenti et que les portes s'ouvrent, tu avances vers l'autel et tu répètes les paroles du prêtre (Elle fit un sourire malicieux, riant d'une blague que je ne comprenais pas).
Elle hésita à dire autre chose, mais se contenta de m'enlacer rapidement, avant de partir vers l'arrière porte.
Celle qui menait à l'autel, était juste devant moi : haute, fière, narquoise -bientôt prête à s'ouvrir, à m'engloutir. Charlie me tendit son bras auquel je m'agrippais, la respiration saccadée.
Un frisson violent parcouru mon corps quand, derrière les larges panneaux de bois, le piano commença à jouer la marche nuptiale. Je déglutis. Charlie était aussi agité que moi.
Enfin, les portes s'ouvrirent. L'église de Forks avait beau être petite, tous les invités semblaient être là. Tous tournés vers moi.
Mon père commença à marcher, me contraignant à faire de même. Dans les rangées de banc, je reconnus Phil et ma mère qui m'adressa un signe de la main, bien que son visage était un peu contrarié (tout comme moi, elle désapprouvé le mariage avant, minimum, 30 ans). Il y avait aussi Mike, Jessica, tous ceux de ma classe, et je reconnus même d'anciens amis de Ph½nix.
Je ramenai mon regard vers l'autel et mon c½ur rata un battement.
Edward était tourné vers moi, un sourire magnifique sur ses lèvres irréprochables, et je pensais immédiatement que le plus parfait des hommes ne lui arrivait même pas à la cheville. Sa peau albâtre s'accordait merveilleusement avec son costume blanc. Ses cheveux -sorte de coiffé et décoiffé à la fois- ne rivalisait avec aucunes autres coiffures existantes sur Terre. Quant à ses yeux, lave incandescente où tourbillonnaient l'or et l'ambre, étaient tendres et tout simplement hypnotisants. Jamais il n'avait été plus beau.
Mon appréhension et mes tremblements s'évaporèrent immédiatement quand je croisa son regard. Je repris mon souffle, constatant que depuis que les portes avaient été ouvertes, j'avais arrêté de respirer. Même, je me surpris a avancé d'un pas assuré vers l'autel. Charlie serra mon bras et me lâcha, allant s'asseoir aux côtés de Carlisle et Esmé, prête à pleurer pour peu qu'elle puisse le faire.
Je détournais mes yeux d'Edward, et manqua d'éclater de rire devant le prêtre. Comme l'avait dit Alice, Emmett avait apparemment obtenu sa licence de marieur. Il était là, devant moi, ses yeux aussi amusés que les miens. Je me mordis la joue, mais ne pus réprimer un sourire.
Les invités s'assirent, le silence était religieux, et tous attendaient qu'Emmett parle...
_____
¹ Voici un lien, pour la coiffure de Bella :
ici² Voici un lien, pour le bouquet de mariage de Bella :
ici³ Voici un lien, pour la voiture :
iciJ'espère que ce chapitre vous a plu !
La suite bientôt.
Qui ne rêverait pas d'un mariage pareil avec Edward ? ; )
Merci d'avoir prit le temps de lire.